Liste de ses livres
Chaque soir, Ariane poussait la porte d’une auberge. Dans cette auberge, déserte de jour, elle enfilait une robe noire de dentelle qui, contrairement à celles de sa garde robe, laissait deviner chacune de ses formes. Elle enfilait également de longs gants, et un masque de dentelle noire. La patronne maquillait ses lèvres d’un rouge exagéré, repoussait la poitrine de la jeune femme en dehors de la robe, qui ne cachait alors qu’une faible intimité. La patronne, c’était une grosse femme vulgaire. Elle n’avait jamais été mariée, mais chacun savait qu’elle était la favorite d’un homme savant travaillant au palais. Elle traitait celles qu’elle appelait ses chéries comme de la marchandise. Mais qu’importe, il faut gagner sa croute. Chaque soir, jusqu’au bout de la nuit, Ariane changeait d’identité, et, comme les autres chéries de la patronne, elle devait se pendre aux bras d’ivrognes, et bien plus encore. Fermer les yeux et sentir de grandes mains sales et collantes parcourir sa peau, et tout
Cette lettre, et cet expéditeur. C’était si étrange. Elle l’attrapa tout à coup entre ses doigts, la lettre. Non, elle ne l’aurait pas ouverte. Mais le papier de l’enveloppe, blanc, était plutôt fin, pas très épais. A la lumière, elle peinait à essayer de lire à travers. Mais rien ne se laissait déchiffrer. Tant pis. Le café était toujours chaud. Elle attendait, ne sachant que fixer entre la lettre mystérieuse qu’elle brulait d’envie d’ouvrir, et la fumée s’échappant du café bouillant. Pourquoi cet expéditeur. N’importe quel autre, oui. Mais celui là, c’était vraiment très étrange. Sur les lignes de cette lettre, elle aurait la réponse à ce qui la travaille depuis de nombreux tours d’horloge. Après tout, pourquoi se ronger les sangs comme ça ? Techniquement, elles ne se cachent rien, et elles s’aiment assez pour tout se pardonner. Alors elle se saisit du bout de papier, et coupa, proprement avec le couteau qui sert à beurrer le pain qu’elle essuya sur sa serviette en tissus (assortie
Il était là, étendu sur le sol, la respiration haletante. La main qu’il me tendait tremblait. Je restais là, immobile, sans même pouvoir faire un seul mouvement. Mes pensées se vidaient, le décor disparaissait pour ne laisser place qu’à cette image de ce corps, non loin de moi, suffoquant. Une larme glissant le long de mon visage me ramenait à la raison. Je m’approche donc, lentement, pas à pas, comme si j’avais peur de ce que j’allais découvrir… Je m’agenouille au près de lui, serrant sa main dans le mienne aussi fort que je le peux.
Ses yeux, grand ouverts, fixent les miens, gonflés de larmes que je refusait de laisser s’échapper. C’est alors qu’il me murmure d’une voix rauque et étouffante : « reste avec moi ». La gorge nouée, je ne pouvais laisser échapper aucun son, aucun bruit, pas même un simple murmure.
Un Jour, on m'a regardé… On m'a dit… : " Pour ton anniversaire, je vais t'acheter un cahier. Un beau cahier, comme ça, tu pourras tout écrire dedans..."
Ecrire, c’est ca, et ceci, et encore cela. Mais l’écriture, c’est avant tout un sentiment. C’est ressentir, c’est vivre. Je suis seule, quand j’écris. Seule avec mon écriture. Indissociables. Lorsqu’elle défile sous mes doigts, il se pose un voile tout autour, et la plénitude repose. C’est ceux qui me liront, qui nous lirons, qui nous feront vivre. Vous lisez mon écriture. Et je vis. Ecrire, c’est ça.
Qu’au fond, on ne peut imager toutes ces situations. Que les pièces sont en réalité des intentions, que les pierres de l’édifice sont en fait des mots, que le fil d’Ariane n’est qu’une paire d’oreilles, que l’édifice est une amitié plus forte que ce dont elles avaient aspiré au début, qu’Iliade ne s’appelle pas Iliade, et qu’Odysse répond aussi à un autre prénom. Alors Odysse qui ne s’appelle pas Odysse veut qu’Iliade qui ne s’appelle pas Iliade revienne dans son camp. Et ne demande qu’une seule chose, celle de laisser de côté les haines passées, et de reprendre le respect perdu. Car son amitié et sa présence, elle en a besoin, et elle aime cette présence. Odysse veut continuer à voir des rayons de soleil dans l’orage.