Mon véritable métier est potier mais il y a bien longtemps que je ne l'exerce plus et je ne vis plus que des histoires que je raconte. J'ai beaucoup de fantaisie; Je rêve de héros fabuleux des temps anciens mais je fais également des rêves peuplés d'êtres hideux évoluant dans des paysages de cauchemar. Je bois un petit coup de temps en temps, lorsqu'un bonne âme m'offre une pinthe de bière ou plus rarement un gobelet de vin,pour oublier les terribles visions qui m'assaillent sans cesse.
Génbéralement, je raconte mes histoires dans des tripots malodorants et en échange le tavernier me donne à manger et plus rarement les clients me paient à boire.
Je ne fais pas que rêver les personnages que j'invente, je les vis, je partage tout ce qu'ils ressentent, c'est sans doute pour cela que les gens aiment mes histoires car elles peuvent sembler crédibles. Peut-être en ais-je fait un peu trop et combien je regrette d'être devenu populaire car ce fut le début de mes déboires.
Tout a commencé dans un coin d'un tripot où je racontais une de mes histoires avec maints gestes comme à l'accoutumée devant un public restreint mais cosmopolite. Parmi les très jeunes gens et les serveuses désoeuvrées qui constituent mon public habituel se trouvaient également un marchand assis sur un coussin du même velours noir que les somptueux que les habits qu'il portait et Près du feu mourrant se tenait confortablement assis un écclésiastique qui prenait beaucoup de notes et m'interrompait quelquefois pour me questionner. J'avais difficile à me faire entendre à cause du bruit ambiant accentué par les chansons paillardes bêlées par des soldats de la milice noble imbibés de vin.
J'étais mal à l'aise à narrer devant un écclésiastique, il suffisait d'une phrase malheureuse ou mal interprètée et je me retrouvais à la rue ou pire, en prison pour blasphème à l'encontre du Protecteur. Cette pensée me faisaitt frémir. Pour cela, j'avais choisi une histoire se passant il y a très très longtemps, dans des temps où il n'y avait ni hommes ni dieux, ainsi, je risquais moins de commettre un impair. De plus, de derrière son comptoir, le tavernier me tançait d'un regards hostile. Le peu de clients qui m'écoutaient et moi-même occupions un espace considérable de son tripot bondé. Sans doute la présence du prêtre et du marchand le retenaient de me mettre à la rue. L'hiver était rude et, complètement sans le sou,je n'avais nulle part où loger et tant que j'avais un public, je demeurais ici au chaud. De plus le tavernier aurait le devoir de me nourrir et je comptais bien me servir de la présence de mon prestigieux auditoire pour qu'il honorât ses obligations envers moi s'il se devait. Cette pensée me galvanisait pour rendre de manière encore plus attrayante l'histoire de Ghour, l'être primitif.
J'avais également fort soif à parler ainsi depuis le crépuscule, il faisait déjà nuit et sans rien avoir bu, j'avais le gosier complètement déssèché. Je m'accordai un court moment d'interruption pour m'humecter les lèvres de la langue et repris mon histoire de plus belle