Présentation du livre

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« Alors, tu montes ? Myu, t’attends en haut, dit une voix de femme mûre.
– J’arrive, j’arrive, répondit-il. »
Il travaillait dans son hangar, une immense salle peu éclairée, dont la place était largement occupée par une masse sombre. Le jeune homme avait des cheveux blonds et raides, étincelants. Ses yeux, d’une surprenante clarté et d’un bleu couleur ciel, à la fois profond et pur, étaient mis en valeur dans la rare lumière de la pièce. Il acheva une série de tours de clés avec beaucoup d’aisance, maîtrisant parfaitement ses mouvements. Il fixa son outil à sa ceinture pour rejoindre Myu.
« Ah, Taishi, enfin, lui dit sa grand-mère. Myu t’attends. Dépêche toi tu vas être en retard. »
Taishi saisit son sac, son outil toujours solidement attaché à sa taille. Il s’excusa de son retard auprès de Myu et ils entamèrent leur route vers le lycée d’un pas rapide, silencieux. Myu affichait un visage ou se mêlaient l’inquiétude, l’intrigue et la tristesse. Quelques mètres plus loin, Myu finit par parler.
« Taishi… commença-t-elle d’un ton hésitant, ces derniers temps, tu es très souvent enfermé dans ton hangar à travailler sur ton slider.
– Je m’occupe comme je peux, répondit-il d’un ton ennuyé. Il n’y a pas grand-chose à faire dans ce village. »
Taishi avait le regard vide, perdu dans ses pensées. Il répondait machinalement. Myu prit une voix plus assurée.
« Mais je suis là moi. Tu pourrais au moins venir me voir.
– Je pourrais mais je préfère rester seul, lui dit-il sèchement sans le vouloir. »
Myu, évidemment vexée, accéléra le pas et laissa Taishi qui s’arrêta de marcher. Il s’assit sur le rebord de la fontaine du village, pensif et seul. Il n’aperçut même pas le jeune homme en face de lui qui semblait chercher quelque chose avec intérêt et une certaine impatience, mais qui finit par passer son chemin. Il ne vit les quatre silhouettes qui s’approchaient de lui discrètement qu’au dernier moment : un murmure eut à peine le temps de sortir de sa bouche que Taishi tombait inconscient sur le sol, assommé par une matraque électrique.
Quand il ouvrit les yeux, sa vue troublée ne lui offrit que quelques images floues dans lesquelles se détachait la forme d’un homme. Ce n’est que quelques secondes plus tard qu’il put distinctement voir la personne qui se tenait devant lui. Des cheveux rouges dissimulaient d’un côté un cache-œil noir et de l’autre révélaient un iris d’un marron qui virait par endroit à des couleurs plus chaudes. Il reprenait peu à peu ses esprits. Taishi essuya la sueur qui coulait sur son front. Une odeur puante et acre lui agressa les narines. Cherchant par reflexe la source de cette effluve, il discerna quatre corps dont la couleur de la peau brûlée se confondait à celle des manteaux noirs qu’ils portaient. La panique envahit le regard et saccada la respiration de Taishi. Dans un élan d’horreur, il se dressa avec l’intention de s’écarter des cadavres. Une main ferme lui saisit le bras droit, il tourna la tête dans cette direction.
« Calme toi, lui dit doucement l’homme inconnu, assis toi. »
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