A la Mémoire de Lydia de Kériel
Artiste-Peintre
A mon Frère Benjamin, pour l'homme qu'il est et qu'il deviendra dans les traces de Maman,
A ma Fille Swann, pour que ces écrits soient l'héritage de
sa Mamie et un refuge.
A Maman, pour ce qu'elle a été,
et pour l'amour qu'elle a su nous donner.
Ta fille Corinne,
Pas facile d'écrire un livre, de quoi pouvons nous parler ? de qui et pourquoi ? Pour ma part, pour ne pas qu'un seul jour ne soit vécu sans toi, pour que tu puisses continuer à vivre à travers ces écrits. Pour celle qui fût et qui sera à jamais ma maman et pour celui qui n'a pas eu la chance de te connaître davantage Ben ! Et puis quel autre hommage pouvais-je mettre en oeuvre que celui d'écrire.
Maman,
J'avais envie de décrocher le téléphone pour te raconter, tu sais tout ces petits rien de chaque jours, ces tracas, ces déceptions, mon éternel doute et puis t'entendre me raconter, tes histoires de boulot, la fatigue, l'inquiétude pour Ben, mais rien, c'est tout bêtement infaisable!
C'était un jour comme les autres, tu sais, il faisait froid et moche, je devais me lever,fatiguée de ces dernières nuits, et comme il était si facile pour moi de m'exécuter, cela faisait partie de ce quotidien depuis près de 2 mois et demi, je sentais seulement qu'il y avait une différence mais laquelle ?
Certainement celle d'aller te retrouver, de rester à tes côtés et d'attendre que tu sortes de cette torpeur ! car toi cette femme forte, toi tu ne pouvais pas te laisser emporter si vite, sans prévenir, sans ne rien dire !
Je me souviens de tes paroles me disant assis toi, ne reste pas debout! et de celles adressées à Ben , Arrête de jouer avec tes lunettes tu vas les perdre .
Tu avais l'air si convaincante, si fragile, si petite, mais surtout ma maman !
Un jour, de ce mois de novembre où tout à basculé, où ma peur s'est figé, où un téléphone sonne, et l'annonce d'une maladie nous replonge quelques mois en arrière, un certain mois de juillet de la même année, où nous avons du dire adieu à Marie-Claude, ma belle-soeur.
Elle qui s'était battue pendant des années,et puis si jeune!
elle avait une place tellement grande pour ses frères et soeurs, que je ne peux que comprendre cette tristesse aujourd'hui qui a dû les envahir.
je regrette de ne l'avoir connu que quelques années, j'espère les meilleures, mais je pense que ce que nous avons partagé a eu un sens, que j'ai su être là au bon moment pour elle, pour ses enfants, pour son mari, parfois il m'arrive de la chercher, ma peine de l'avoir perdue a été si forte.
D'ailleurs je me souviens très bien du jour où tu es venue la voir, elle t'a demandée de lui faire un tableau !
Une envolée d'oies sauvages
Quand tu es repartie de l'hôpital ce jour là, j'étais à tes côtés et tu pleurais tant, tu n'arrivais plus à t'arrêter, j'avais beau te résonner, mais rien n'y faisait, tu es rentrée les larmes aux yeux et tu n'arrivais pas à comprendre la raison pour laquelle tu avais tant de tristesse.
Bien Sûr la peine de la perdre, mais tu m'avais dit cette phrase :
J'ai l'impression d'être en osmose avec elle!
Et puis tu lui as fait son tableau, L'envolée sauvage.
Aujourd'hui, je pense devinée ce sentiment qui t'a envahie.
Comme-ci tu savais !
Et là c'était toi !
Dans cette chambre, un certain mois de novembre !
Tu as dis : On va se battre !
et puis ces paroles comme gravées à jamais dans mon coeur , dans mon esprit, je ne veux pas être seule...
Seule, j'espère que tu as sentie que tu ne l'a jamais été...
Car comment peut-on laisser celle qui nous a fait vivre, qui nous a fait aimé la vie au mieux, je sais d'autres n'ont pas ce sentiment envers leurs parents, et je le regrette pour eux.