I
Julie se leva de bonne heure, bien que ce fut son jour de congé, elle avait décidé la veille au soir que ce matin, elle irait au marché. Elle se précipita dans la salle de bain, se doucha rapidement et s’installa devant le miroir pour démêler ses longs cheveux noirs de jais. Julie, d’origine espagnole par son père, avait hérité de sa peau halée et de la couleur de ses cheveux. Elle soupira, pourquoi n’avait-elle pas hérité un peu plus de sa mère comme sa sœur. Les gens la trouvaient jolie alors ils avaient tendance à penser que si elle était mignonne, elle ne pouvait être intelligente, c’était bien connu, on ne peut être que l’un ou l’autre. Elle soupira à nouveau : Que ça pouvait lui poser de problème dans son métier !
Julie sortit de ses pensées et fit une natte avec ses longs cheveux, puis elle s’habilla rapidement.
Le petit-déjeuner prit, elle sortit et se mit au volant de sa voiture. Il y avait beaucoup de voitures dans la banlieue Nantaise et elle se demandait souvent s’il ne serait pas opportun de prendre le bus.
Une demi-heure plus tard, elle garait sa voiture non loin du marché. Elle s’étira en sortant de la voiture : il faisait beau en ce jour de juin, il fallait en profiter.
Elle commença à regarder les étales de toutes natures : fruits et légumes, vêtements ou maroquinerie. Elle était absorbée dans ces pensées quand elle se heurta à un homme. Elle faillit tomber, mais l’homme la retint et elle fut précipitée contre lui.
- « Je suis vraiment désolé, je réfléchissais, je ne vous ai pas vu ! », lui dit l’inconnu.
Julie, du fait qu’il était plus grand qu’elle, releva la tête pour mieux le voir et se dégagea brusquement. L’inconnu était un homme d’environ un mètre quatre-vingt cinq à la mâchoire volontaire, une chevelure châtain claire un peu trop longue, et des yeux verts clairs qui l’observaient attentivement. Il devait être dans ses ages : vingt-neuf – trente ans, pensa t-elle, puis elle lui dit froidement :
- « Vous pouvez, vous m’avez fait peur, j’ai bien cru que j’allais tomber ! »
Julie avait bien vu que cet homme était conscient de son charme, elle connaissait ce genre d’homme, elle ne s’y laisserait pas prendre, songea-telle.
L’homme lui fit un sourire plutôt charmeur, ce qui la conforta dans son opinion et il lui dit :
- « Je vous promets, Mademoiselle, de faire plus attention à l’avenir. »
Julie vit son poil se hérisser, elle avait souvent constaté que les hommes au vu de son âge l’appelaient plutôt madame, et que seuls ceux qui savaient ou souhaitaient attirer ses faveurs utilisaient le mademoiselle. Encore, un de ces dragueurs des marchés, pensa-t-elle.
- « Bah, ce n’est rien, bonne journée. », puis elle tourna les talons et s’éloigna.
Le reste de la journée se passa calmement et le lendemain, elle arriva à la banque ou elle travaillait de bonne heure comme à son habitude. Elle croisa la secrétaire du Directeur qu’y lui dit :
- « Bonjour Julie, Monsieur Philibert vous attend dans son bureau, il voudrait vous parler d’un nouveau dossier je crois. »
- « Bonjour, d’accord j’y vais. »
Puis, la secrétaire ajouta avec un clin d’œil :
- « Il y a un homme avec lui, je crois qu’il vient du siège social à Paris. Il est divin. »
Julie ne releva pas la question et se rendit dans le bureau de son patron. Celui-ci était installé derrière son bureau et un homme était assis en face de lui. Ce dernier se leva en l’entendant approcher afin de lui serrer la main. Mais son geste s’arrêta net lorsqu’il la reconnut.
Monsieur Philibert qui n’avait rien remarqué déclara :
- « Monsieur Alexandre Gautier, je vous présente Mademoiselle Julie Carmin, responsable des portes-feuilles boursiers. Julie, je vous présente Monsieur Alexandre Gautier qui nous vient du siège social. Il est venu vous prêter main forte car nous avons un nouveau client qui arrive, en ville, aujourd’hui et celui-ci pèse des millions d’euros et peut être plus encore. »