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Chapitre 1:

Je me réveillai haletante. Mon souffle me manquait et, bizarrement, j'avais peur. J'essayai de me calmer, en vain. Je descendis l'escalier qui délivrait sur la cuisine. Je vis ma mère, toujours ma mère, que ma mère. Je ne dis même pas bonjour, elle ne m'aurait pas répondu. Depuis la mort de mon père elle n'était plus. Elle ne parlait plus, elle ne respirait plus, elle ne vivait plus. Comme si mon père avait été, de son vivant, son souffle, sa vie, son univers tout entier... Elle me dégoûtait. Comment pouvait-elle me faire cela? Comme si moi aussi j'étais morte... Elle était si faible.
Alors, je vivais de mon côté, essayant de joindre les deux bouts sans trop me plaindre. Normalement, en tant qu'enfant ce n'était pas moi qui était censée me faire consoler?
Mais justement, je ne voulais, pour rien au monde, ressembler à cette femme... Je la détestais.
D'un coup,je sortais de cette maison en courant, je n'y tenais plus. J'avançai dans le bois (Un bois?). Où étais-je? Je ne comprenais plus rien. Mes yeux se troublaient, mon souffle se coupait sans que je ne puisse rien faire. Rien faire à part avancer, toujours avancer. Je sentais, je voyais des ombres autour de moi. Elles s'approchaient, mais où étais-je? Qui étais-je? Soudain, quelque chose me bouscula, me fit tomber, me réveilla. Un grand voile noir passa devant mes yeux et je pus enfin les ouvrir. Un homme était assis devant moi, tenant une main, la mienne. Cet homme me rappelait quelqu'un, mon père. Je voulus lui serrer la main mais je ne contrôlais pas mes membres, je voulus parler mais aucun son ne sortit. Tout d'un coup, la panique me vint. Etais-je morte? Non, je ne l'étais pas, je ne le voulais pas. Mes yeux se tournèrent vers mon père le suppliant de me dire... En fait, il ne me regardais pas, il regardait loin, très loin comme perdu dans un souvenir. Je fermai les yeux pour les rouvrir une fraction de seconde plus tard. Il n'étais plus là, parti, évaporé. Tout d'un coup, une bouffée de tristesse, de culpabilité m'envahit. Je n'avais pas été assez prompt à réagir, comment avais-je pus laisser passer ce merveilleux moment? Je m'en voulais terriblement.
Cependant, je n'eus pas le temps de me morfondre, des voix me parvenaient de plus en plus distinctement. Je sentais des émotions, surtout de l'énervement. Qu'avais-je fait? Il fallait que je me réveille, je me réveillais. Un garçon de mon âge étais là, beau tout simplement. Il était grand, plus grand que moi, un miracle. Il avait des cheveux noirs aux yeux bleu. Sombre. Je voyais ses lèvres bouger. J'entendais mon prénom. Clémence...
Pourquoi ne me laissait-on pas tranquille? Pourquoi ne me laissait-il pas tranquille? Juste le temps que je puisse mourir et rejoindre mon père. Puis, enfin, la réalité s'afficha à moi. J'ouvris complètement les yeux, je savais qui j'étais et ce que je devais faire. Je me levais, regardais tous ces gens autour de moi. Je voulus parler mais, pour la deuxième fois, quelque chose ou quelqu'un s'empara de mon esprit et je ne pus le faire. Alors, je levai les mains vers le ciel étoilé, sans lune et une lumière argentée jaillit de mes mains à la vitesse de l'éclair. Je ne comprenais rien. Mais qui étais-je? Que se passait-il? Soudain, petit à petit tout le monde se mit à genoux devant moi. Sans que je ne le comprenne, je savais que j'étais celle qu'ils attendaient tous, tout ce que personne n'avait réussit à faire pour moi, pour eux, j'allai le faire: premièrement tuer ma mère.

J'en avais tellement rêver, elle m'avait tellement déçue... J'étais vraiment sure de moi quand tout d'un coup je sentis un coup de vent caresser mon visage, ce coup de vent avait la forme d'une main, que je connaissais bien. Mon père... Je voulus l’attraper mais elle s'échappa, disparu directement d'où elle était venue, me laissant seule une seconde fois. Je revins soudain à la réalité, je marchais déjà. J'arrivai devant chez moi, les yeux en larmes. J'hésitais maintenant, pour lui. Une ombre passa devant moi. C'était un jeune homme, le jeune homme, il m'arrêta.
-Tu es sûre de toi?
-Je ne te connais même pas...
-Ce n'est pas la réponse que j'attends.
-Tu ne dois rien attendre de moi.
-Veux-tu la tuer?
-Je ne sais pas.
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Nicolas SORANZO