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Chapitre I- Au commencement

Il y avait le vent dans les arbres, le parfum d’herbe fraîchement coupée un après midi ensoleillé, les tons rosés semblables à ceux d’une coquille nacrée que l’on peut admirer lors d’un lever de soleil, la sensation des petits cailloux que l’on sent a travers nos fines semelles de chaussures, le bruit de milliers d’insectes mouvant le soir quand la terre se refroidit et lorsqu’ils retournent là d’où ils sont venus, les fleurs tombant des cerisiers et se posant sur les cheveux, il y avait tout cela qui formait mon quotidien, un jour d'été, tout ces détails que je décidai de rendre prioritaires sur mes autres pensées.
Malgré tout vivant en ville, je rêvais de forêts vierges, de danses frénétiques accompagnées du chant des oiseaux et du son puissant du ruisseau. Je fis de la ville une jungle pleine de dangers; le métro prêt à refermer sa bouche sur mes doigts, les escalators que je devais gravir sans glisser, les foules dans lesquelles je devais me frayer un passage, les nombreux escaliers que je montais si vite que j'avais l'impression de m'envoler étaient autant d'obstacles exotiques auxquels je devais faire face. Un rien rendait ma vie palpitante, et c'est sans doute ce qui caractérise l'enfance. Etant plus jeune, je me demandais parfois, non sans crainte, si en grandissant mon imaginaire se réduirait, ne me montrant plus monstres et animaux sauvages mais hommes et machines. Cela, je ne tarderai pas à le savoir : l'adolescence me guettait à chaque coin de rue, et lorsque je la sentais toute proche et que je tournais ma tête vers elle, je ne voyais que mon reflet à travers la vitre d'un magasin.

Mes parents m'avaient donc transmis un formidable amour de la nature; ils n'avaient pas eu besoin de me faire croire en un dieu pour que j'ai 'de bons principes', n'avaient pas eu à me faire la morale pendant des heures pour que j'apprenne a discerner le bien du mal : tout était dans la nature. Il suffisait de savoir observer. Les comportements des animaux, des végétaux, constituaient déjà des exemples précis et concrets de ce qu'il fallait faire ou ne pas faire.
J'observai que les humains étaient les plus fascinants des animaux: masochistes, ceux-ci passait leur temps à se créer des problèmes. Je pensais alors que c'était parce qu'on ne leur avait jamais donné un but précis dans leur vie. Par exemple, le propre d'une fourmi est de travailler pour sa reine. Le propre d'une abeille de récolter du pollen, pour sa reine. Les animaux agissent souvent pour leurs supérieurs : peut-être avions nous besoin d'un être supérieur à qui nous vouer, nous aussi ? Dieu a très peu de place dans notre quotidien désormais: par quoi le remplacer ?
'Par des problèmes', pensai-je alors. A cette époque j'avais 10 ans , et des problèmes ,je n'en avais pas encore eus.
Mais je n'allais pas tarder à connaître la souffrance qu’ils imposent à l’âme humaine. Cet été là, mes parents m'emmenèrent chez mon oncle et ma tante. Ils habitaient dans le midi : ivre de soleil et de bonheur, je passais mes journées à jouer dans le jardin avec mon cousin, qui était là-bas aussi. Nous faisions les quatre cent coups ensemble, et je lui trouvais toujours des excuses lorsque nous nous faisions gronder.
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