Présentation du livre

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Un bureau vide
Saynète I
petite fille arménienne :
petite fille :
conteur : Décors : bureau + chaise

Conteur : J’aimerais vous comter, l’histoire d’un bureau vide.
Début septembre, c’est la rentrée et cette année, une petite fille Arménienne est arrivée dans ma classe, elle s’appelle Vosguéhad.
Elle, ne parle pas très bien le Français mais, au fil des jours en échangeant, avec des gestes, avec des mots, j’ai pu comprendre que cette petite fille devenue mon amie, avait quitté son pays sous la pression des guerres et des massacres.
Vosguéhad est pleine de vie, elle ‘’s’adapte très vite ‘’comme on dit.
Pendant les récrés, on joue ensemble, à la corde, à la marelle et même parfois on se raconte nos secrets.( Chut ! Faut pas le répéter).
J’aime beaucoup Vosguéhad, elle fait partie de ma vie d’écolière, elle fait partie de ma vie de cœur.
Ce matin j’ai hâte de voir mon amie et lui raconter mon long Week-end. Mais à ma grande surprise, Vosguéhad n’est pas là.
La maitresse nous informe qu’elle ne viendra pas, qu’elle ne reviendra plus. Son papa a été arrêté et transféré au centre de Rétention. Expulsés ils devront retourner dans leur pays.
Ce matin dans ma classe, il y a un bureau vide, ce matin et tous les autres matins de cette année, le bureau de mon amie Vosguéhad restera vide.
Hier, en surfant sur internet j’ai appris que le prénom de mon amie, Vosguéhad, signifiait grain d’or.
Ce matin, moi, j’ai perdu mon grain d’or.
(Lumières sur le bureau vide)
Dis, maman et si nous, aussi on était des sans papiers ?
(Les lumières s’éteignent sur le bureau)

Rideau
Du haut de mon immeuble
Saynète II
L'enfant sur son balcon :
Le sans domicile fixe :
Deux pompiers :,
Conteur : Décors : escabeau, gyrophare, sirène de pompiers

Conteur : C'est vrai, je n'ai pas le droit, mais moi, du haut de mon immeuble, je me sens comme un géant et je peux tout voir. Les grandes cheminées de l'usine à pneus, la grande tour où papa travail, le va et vient incessant des passants dans la rue, mais surtout, surtout je peux apercevoir Charlie.
Charlie c'est mon ami, il a voyagé dans tous les continents, C'est un peu un prof d'histoire, mais mon prof rien qu'a moi. Le soir quand je rentre de l'école, je m'assois près de lui et on discute, en ce moment il me parle de la Chine, du Tibet, des jeux olympiques, Grâce à lui, je connais presque tout les noms des capitales du monde c'est vrai, tenez :
La Chine Pékin, l'Irlande Dublin, La Pologne Varsovie, le Mexique Mexico, l'Égypte le Caire.
Charlie il a beaucoup bourlingué, tu peux me croire, son sac sur le dos il a vu la neige,
il a senti la pluie et les bourrasques, il sait même des choses que papa ne sait pas. C'est vous dire.
Du haut de mon immeuble il y a toujours Charlie dans mon paysage, assis sur le trottoir d'à côté, sa bouteille à la main. Il dit qu'elle lui tient bien compagnie en ces temps bien froid.
(Gyrophare, sirène de pompiers)
Du haut de mon immeuble, j'aperçois les gyrophares des pompiers. Oh, un piéton a du se faire rouler sur l'orteil.
Depuis quelques jours du haut de mon immeuble, je ne vois plus Charlie
Il a quitté son trottoir il a quitté mon paysage, papa dit qu'il est parti en voyage pour vivre une autre vie et sans doute d'autres péripéties.
Ce soir, du haut de mon immeuble je pense à toi CHARLIE
Dis papa et si nous aussi, on était sans domicile fixe?

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Nicolas SORANZO