CHAPITRE I : L'éveil
Mes yeux s'ouvraient lentement. Tout était blanc autour de moi. Je me sentais comme oppressé, au bord de l'asphyxie. Mes sens semblaient gâtés : ma vue était voilée et une odeur très forte faussait mon odorat. J'étais comme un enfant qui découvre le monde, curieux mais apeuré par l'immensité qui l'entoure. Peu à peu l'ordre s'instaurait dans ma tête, mon corps reprenait vie et mes organes retrouvaient leur fonction. Je sentais cette sensation insupportable dans mes jambes, des picotements intenses qu'on appelle aussi " avoir des fourmis " par abus de langage. C'était un signe, le signe que mes sens revenaient. Peu à peu ma vue s'éclaircissait,le monde prenait de la consistance. Les premières paroles que j'entendis étaient celles d''une femme, je n'ai pu comprendre que deux mots : " T S "
Étais-je en train de m'enliser dans la folie ou était-ce une langue étrangère ? J'avais du mal comprendre...
Après ces deux mots la solitude revint ainsi que le calme. En y réfléchissant je compris que ces deux lettres servaient de code. Que cherchait-on à cacher ? TSTSTSTSTSTS les pensées se bousculaient dans mon cerveau encore sous le choc de ce réveil étrange. Je cherchais désespérément toutes les issues :
" T S comme... la mouche tsé tsé ? Trop Salé ? Tissu Soyeux ? Taverne sacrée ? Travail Scientifique ? Top Secret ? Talisman Sicilien ? Trésor Serbe ? Ou tout simplement Tee Shirt.
Impossible de savoir, il ne me restait plus qu'à attendre impuissant, j'étais incapable de me lever.
J'avais mal partout, mon cœur était tourmenté par une blessure invisible. Quand je dis mon cœur, je pense à mon psychisme, mes états d'âme, mes pensées. Un grand vide m'emplissait, non seulement je ne me souvenais de rien, mais je me sentais vide au sens propre, sans matière, sans sang, comme si je n'étais plus maître de moi même. Ceci constituait probablement un rêve ou bien un cauchemar, il ne me restait plus qu'à attendre que mon réveil me tire de mes délires nocturnes.
L'attente était interminable et angoissante. Tout le cinéma que je me faisais paraissait irréel, comment peut-on avoir conscience que nous dormons ? Mon malaise était intense, je sentais la sueur me monter au front et ma respiration se saccader. La panique me gagnait au fur et à mesure que je comprenais. L'écran noir de ma mémoire se remplissait d'images qui s'enchaînaient. Le film de ma vie défilait devant mes yeux, tout s'expliquait...