Il y a un crapaud devant ma porte. 07/10/2009 01h08
Je savais pas quoi faire d’une journée de repos, ça faisait longtemps que ça m’était pas tombé dessus, comme ça, sans prévenir, un mardi midi et soir.
J’ai dormi jusqu’à quinze heure. C’était bien.
Je me suis levé et habillé en fumant ma première clope de la journée. C’était bien aussi.
Puis je suis descendu dans ma rue, j’ai traversé pour dire bonjour à des amis. J’ai continué mon chemin et me suis rendu à la gare en esquivant des connaissances déjà accoudées au comptoir du bistrot d’en face.
J’ai demandé les horaires et la destination du prochain train. C’était N. dans dix minutes. J’ai pris un billet aller-retour. 12 euros.
Ma tête commençait à aller mieux mais j’avais encore besoin d’un café pour bien attaquer cette journée, de repos.
J’ai traversé, encore, et j’ai pris un café au bar de la gare, bouillant, les gars me demanda où j’allais et tout ces trucs étonnant pour eux qui ne décalent pas d’un centimètre à l’an, mieux que les montagnes.
Je répondais en ville et retournais sur le quai.
Le train arrivait, les barrières du passage à niveau s’étaient baissées. C’était un Corail et pas un TER. Avec les petites cabines pour voyager à six. Mes wagons favoris. Encore un train et pas un bus au décor dépouillés aux angles ronds pour ne blesser personne et aux couleurs tendances. Du train ils ne leur restent que les rails sur lesquels ils voyagent.
Le corail gardait après les années
cette odeur de nicotine dans les anciens wagons fumeurs, on y trouvait encore des compartiments vidés pour stocker les vélos ou les marchandises, wagons aujourd’hui pris d’assaut par les rares fraudeurs qui survivent. Les graffs durent plus longtemps sur le corail.
Je laissais mon oreille sur la vitre, pour entendre le bruit des roues sur le rail, et comme d’habitude quand je prenais le train j’aillais écouter un peu de musique, je choisi un morceau de leadbelly. C’était très bien.
J’ai du m’endormir à ce moment là parce que jusqu’à ce que je me réveille je ne me rappelle de rien d’autre. Les autres passagers étaient tous descendus, la porte du wagon était ouverte, il était grand temps que je descende.
J’avais éteint mon lecteur pour descendre du train et à ma grande surprise je n‘entendis rien. Le silence. Pas un bruit dans la gare, comme si tout était mort, comme si il n’y avait jamais eu personne. J’étais bien dans la gare de N., je connaissais les lieux, les couloirs souterrains donnant accès aux quais, le grand escalier menant au hall, personne.
Mes pas résonnaient, je n’osais plus marcher. Je toussais un peu, n’osant dire mot. J’eu l’impression d’être dans un de ces lieux saints où l’on murmure. Le hall me sembla immense, dépeuplé, triste. Je m’avançais encore, vers les grandes portes vitrées. Je sentais dans mon dos la fameuse sueur froide. J’ai poussé le battant de verre.
Dehors, ils étaient là, les taxis, le tramway, les gens qui marchaient sur