Comme un amas de verglas, Comme
une givre..de juillet.
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Un soupir, pour la forme. Un sourire qui se veut désolé- trop léger pour paraître vrai. Et voila qu'avant que je n'aie pu montrer les dents, elle fait demi tour. Ses cheveux son magnifiques lorsqu'elle pivote, au tournant du premier couloir. Je suis maintenant seule occupante de la pièce. Je la blesse et je le sais : mais mes blessures m'importent plus. Je devrais m'appuyer contre le ciment et ainsi me relever, je devrais projeter la porte sur le mur en l'ouvrant, et partir à sa poursuite dans les dédales de la cave. Je sais que je devrais, et je me vois le faire aussi nettement que si c'était réel. Exactement comme lorsqu'on rêve, entre le sommeil et l'éveil, qu'on se redresse dans son lit : la sensation est la même, mais le résultat, non. Je devrais la rejoindre. Reconstruire entre nous ce lien agréable, fluide, qui nous avait un jour caractérisé. Je devrais, mais je reste avachie là. Mes blessures m'importent plus. Mon numéro m'importe plus.
J'agrippe l'arme blanche qui repose sur mon flan droit. Un joli couteau à cran d'arrêt. Un outil magnifique. Je fais étinceler l'acier sous les néons dégueulasses du plafond. Je peux voir le dessous, sale, de mon menton, où de petits sillons plus clairs zèbrent ma peau. Des larmes. Celles que mes yeux ont pleurées. Quelques cheveux gras viennent se coller à mes joues rougies, souillés. Des larmes. Celles que mes poignets ont pleurées. Mais je m'en soucie peu. Je tiens le couteau à bonne hauteur, car si moi je suis dans un état lamentable, lui doit rester brillant jusqu'à l'ultime instant.