Fatigué, je suis fatigué de voir ces verres de rouges qui n’arrivent pas au but, de voir les autres, ma propre femme, même, m’aime, qui s’en va, sous Lubin, qui voyage, qui montre sa soi-disant grandeur d’âme et moi, rouge en intraveineuse, au matin, avec un pancréas qui n’est que l’ombre de lui-même résister aux effets des sulfites… Merde au vin, merde au bar, merde aux copains saoul aussi quand moi je me fais mal et que rien ne se passe. Merde, je suis fatigué. Et même le lendemain j’en suis fatigué, encore, un litre et demi d’eau disparaissent dans la nuit, l’évaporation, comme celle de l’ivresse, bordel, jamais j’y arriverais a m’en sortir pour de bon si autour de moi ça foire, the gypsy woman ne m’a pas prédit le bonheur on dirait, on s’appelle pas tous Waters ou Hendrix pas vrai, alors je m’en accommode et si ca veux rien dire, merde, voila, merde, tout ce bordel me gonfle j’ai besoin d’air faut que je me casse aller ailleurs seul faire un tour parler avec des femmes, des amies même peut être quelles me prédiront des trucs bien quelles me rassurent qu’elles m’encourage a rester dans ma petite vie que je trouve si étroite et pourtant, je l’ai choisie. Une autre ville, je vais ailleurs, voir si la ville me fait du bien, si je respire mieux quand je vois des gens s’étouffés. Je vais me casser, mardi peut être mardi avec T., demain je peux y aller seul, pourquoi pas avec T. ? Je veux plus discuter avec personne je vous emmerde au plus dur que je puisse, je vous emmerde a
vous casser les côtes sous le poids de mon indifférence, je vous emmerde, vous servez a rien, pas plus que moi malgré vos airs sereins, l’air de ceux qui vont bientôt crever, comme les autres, comme tout le monde, mais moi je suis déjà crever, je vis depuis plus d’un an à demi régime, bridé, entravé dans ma connerie, sans moyens d’en sortir que de retomber malade et finir comme eux, mort. Etre l’ombre de soi même, belle expression, parfois je voudrais vraiment n’être que cette tache noire et instable qui me colle, voir au travers de cette ombre, voir l’ombre des autres, les effacés. La tranquillité, la fausse tranquillité qui vient dans mon foyer qui fait croire que tout va bien quand tout part en couille et qui en remet une couche, une épaisseur de moisi sur la pomme déjà gâtée, ça put, ça commence juste par une odeur lointaine qui ne me dérange pas comme le pet d’un ami et ça s’aggrave ça prends forme ça nous serre la gorge, la gerbe est pas loin, je vais pas tarder a tout envoyer en travers de ta gueule routine infâme ! Finalement je fais rien, je crache mon venin seul devant un écran qui répondra jamais. Je m’ennui comme on s’ennui quand on est deux, avec l’ennui de l’autre par-dessus le sien, avec un goût de tabac froid, avec les cernes rouges sur les lèvres, comme si j’avais passer la nuit a mordre ma propre gueule, le vin, l’ennui, je ferais mieux de fumer de plus gros joints encore, je ferais mieux de me casser mais il pleut et mon petit confort alors ? j’y tiens.