__La bêtise humaine.__
Là est ton terrain de prédilection.
Tu vas sélectionner ta proie.
Tu vas la cerner, l'observer, ne plus la lâcher.
Toutes ces pensées tu vas les happer.
Sans répit tu vas l'observer.
Pour ensuite mieux la broyer.
Elle n'aura plus aucun droit.
Tu l'auras abaissé à ta soumission.
Tu vas emprisonner sa liberté de pensée.
Tu vas lui dicter ta seule vérité.
Tu seras sa haute autorité.
Tu veux par la force la dompter.
Tu es fier de ton arrogance.
Tu crois détenir toutes les connaissances.
Mais à force de cracher tant de venin.
Sur toi va se refermer le piège un beau matin.
De tes lois on fera un feu de joie.
De ta noirceur tu creuseras ton malheur.
Pour toutes ces vies que tu as brisées.
Tu seras à ton tour crucifié.
Ne croit pas que le faible soit sans ressources.
Il attend de trouver la faille.
Il sait que la sagesse tiendra ses promesses.
La bêtise, l'arrogance, la violence, la suffisance.
Ne peuvent résister face à la pureté de l'innocence.
__La reconstruction.__
Mon innocence tu m'as pris tu m'as volé chaque jour.
Chaque nuit hantée je suis par cette emprise.
Il me voulait soumise.
Quand je croyais hurler au monde entier ma douleur, ma souffrance.
Personne n'entendait mes sanglots étouffés.
De par mon regard de par mes yeux j'appelais à l'aide.
Mes larmes dessinaient des SOS.
Parler je ne pouvais le monstre me l'interdisait.
Mais je croyais que mes yeux parlaient.
Je croyais que la communication pouvait passer par l'intensité d'un regard criant.
Alors ne venant personne pour me sauver de ses griffes.
Je me suis construit ma bulle un monde là où personne ne pourrait plus m'atteindre.
Mon refuge elle est devenue mon armure ma porte de secours.
Avec elle je me sens inaccessible.
Elle m'emporte aussitôt que l'agresseur arrive.
Laissant seul ce corps d'enfant devenu Femme bien trop tôt.
Dans ma bulle je suis devenue Femme/Enfant je flâne.
Je peux aller de souvenirs en souvenirs.
Je peux aller rechercher les quelques instants de bonheur de paix.
Pour essayer de reconstruire de remodeler ce corps démembré.
Mais il manque l'essentiel je ne retrouve plus l'innocence perdue.
Il me faut encore et encore chercher dans d'autres recoins.
Dans d'autres profondeurs oubliées les restes meurtris.
Je dois pour cette enfant reconstruire ces instants.
Aussi douloureux que ce soit pour qu'un jour, un jour peut-être.
Je puisse te laisser te quitter mon amie de toujours.
Toi mon armure avec le temps tu deviens lourde.
Tu deviens opaque alors il est temps.
Que j'apprenne à me faire à l'idée que de toi je n'aurais plus l'utilité.
J'ai trouvé pour communiquer une main qui peut remplacer la parole.
Encore et toujours bloquée par cette souffrance que je dois apaiser.
Je rejette par ces mots le poison dont le monstre se servait pour tétaniser sa proie.
Mais de ce corps inerte pourrait ressortir peut-être un jour un être à part entière.
Un être qui marche, qui parle, qui sourit et peut-être que oui, peut-être...
Un jour viendra où la nuit je n'aurais plus peur des ombres du passé.
Alors ce jour de ma bulle je pourrais m'évader...