Présentation du livre

Note : etoilesetoilesetoilesetoilesetoiles

1 commentaire(s)            Partager

************ L'œil du Diable **********




Il existe, sur le territoire de la commune de Vêzé en Ardêche, un lac qui se distingue des autres plans d'eau de la région. De forme circulaire, petit, le diamètre de sa circonférence ne dépasse pas cinquante mètres, il possède une caractéristique exceptionnelle qu'il est seul à avoir en France et peut-être au monde. En son centre, un véritable puits, sans fond, d'une dizaine de mètres de rayon, plonge, dit-on, jusqu'aux entrailles de la terre. Aucune route n'ayant été tracée jusqu'à lui à travers le massif rocheux et la forêt domaniale, pour atteindre ce site, il faut accepter de faire une longue marche par des chemins escarpés. Il n'empêche que de nombreux randonneurs, chaque année, en période estivale, n'hésitent pas à braver les difficultés pendant plus de trois heures dans des conditions de pénibilité assez rares pour découvrir ou redécouvrir l'endroit.

Cerné par une végétation dense et de grosses roches de micaschiste et de granit, ce plan d'eau, engoncé au creux d'une vallée sauvage, porte le nom de l'œil du Diable. En escaladant les rochers qui s'élèvent presque à pic sur l'un de ses côtés, on comprend l'origine de ce nom quand on le contemple dans son intégralité d'une position en surplomb. Apparaît alors, aux yeux éblouis de l'observateur, en son milieu, une pupille sombre, dessinée par le dit puits qui semble absorbé toute lumière, cerclée d'un iris jaune ambré qui doit sa couleur au fond tapissé de pierres volcaniques.

Il n'est pas conseillé de se baigner dans son eau, bien que la chaleur d'été et le manque d'air qui règne en ces lieux, incitent le randonneur à le faire. Y plongée les pieds, pour les délasser et les rafraîchir, passe, se plonger le corps dans l'eau et nager en s'éloignant du bord est dangereux. On ne compte plus les inconscients qui, de tout temps, se sont noyés et dont le corps n'a jamais été retrouvé, comme s'il avait été aspiré au fond par le tourbillon perpétuel qui agite le centre de la surface liquide.

Pour avoir parcouru ce plan d'eau à bord d'un canot gonflable en compagnie d'un ami, je peux témoigner avoir eu la peur de ma vie lorsque subitement notre frêle esquif a été pris d'un étrange tremblement au moment où nous nous sommes approché de ce vortex. Je me souviens avoir vu mon ami saisi de panique le temps d'un instant, je l'ai deviné dans son regard, pendant que moi même, il me le dit plus tard, je devenais livide. Inutile de dire que nous avons attrapé chacun notre petite pagaie et que nous avons ramé de toutes nos forces pour fuir et revenir sur la rive.

C'est un comportement qui peut paraître bizarre, surtout de la part de deux adultes, bien qu’encore jeunes, nous n’avions pas trente ans, qui, généralement, ne redoutent pas grand chose, d'ailleurs, nous avons eu du mal à nous expliquer notre affolement réciproque, mais ce que nous avons ressenti au milieu de ce lac, nous en avons discuté ensemble plus tard et sommes tombés d'accord, était dû plus à quelque chose d'étrange, un sentiment impalpable, qu'au simple ballottement de notre embarcation.

Plusieurs équipes de plongeurs ont tenté de percer le mystère de ce trou mais au delà d'une limite raisonnable, une cinquantaine de mètres, personnes ne s'est aventuré au delà; il paraît que l'impression d'étouffement est telle à cette profondeur qu'il est difficile d'aller plus bas. J'ai connu l'un de ses plongeurs, je l'avais rencontré dans un bar de Vêzé. C'était un professionnel pas un petit aventurier de pacotille et de fin de semaine comme moi. Il était venu dans la région avec tout un groupe de plongeurs comme lui afin de tourner un sujet pour la télévision et, bien entendu, il s'agissait de « l'œil du Diable ».

Cet homme me raconta un peu la descente qu’il effectua en compagnie de ses coéquipiers. Curieusement, dès la mise à l'eau, tous, ils étaient cinq, avaient été pris d'une inhabituelle appréhension pourtant, des descentes ils en avaient faites et dans des lieux autrement plus dangereux mais là ce qu'ils avaient ressenti était inexplicable. Au fond, malgré la lumière que dégageaient les puissantes lampes torches qu'ils avaient emmenées avec eux, ils avaient du mal à distinguer quoi que ce soit.
Page précédente
page : 1
Vous lisez : L'Oeil du Diable
Page suivante

Partie jeunesse


Accueil




Partenaires


Eco-geo, jeu gratuit