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Rencontre infortuite

Aujourd’hui, j’ai rencontré Paris Hilton. C’était à l’occasion de la promo du film à Los Angeles. Je pense que cette rencontre restera gravée dans sa mémoire à tout jamais : je lui ai vomi dessus.
Voir un visage de rat en face de soi, ricaner et glousser, et se croire pour la plus belle fille du monde, ça me dégoûte. Et quand je suis dégoûtée, je vomis.

D’ailleurs, j’avais bien mangé ce midi là, et avec le voyage en minibus qui a suivi le déjeuner, j’avais déjà un peu mal au cœur. Alors, j’en ai profité pour tout lâcher sur la personne que je trouve la moins humaine qui se trouvait à ma portée.

Souvenir d’enfer pour moi.
Souvenir d’enfer pour elle.
Mais pas le même enfer.
Pensées

J’ai pas changé comme il fallait. J’ai suivi la mauvaise route, et l’on m’en a punie. Non, c’est pas comme ça qu’il fallait faire, fais plutôt comme tout le monde, fais comme monsieur Tout-le-Monde, Madame Tout-le-Monde et leurs enfants Tout-le-Monde. Suis ce chemin, et tu pourras arriver au bout, sans obstacles, sans encombres, sans personne pour te bousculer.

Justement, moi, je veux partir de ce troupeau. Je ne veux pas finir mouton, comme tous mes semblables, tous ces gens qui m’entourent et me disent de faire comme eux. Je veux juste partir. Faire comme personne ne l’a fait, me prendre des coups en pleine gueule, des petites claques comme des grosses baffes. Avec ça, je suis sûre que je réussirai.

Je ne veux pas finir vieille fille, ni encore épouse d’un homme que je n’aime pas, ou que je n’aime plus. Je veux être moi, faire comme je veux, dire ce que je veux, penser comme j’en ai envie, parler comme j’en ai envie.

Je n’ai pas l’intention de me faire accepter par les autres. S’ils me rejettent, et même si je les aime ou si je les apprécie, je m’en irai. Je partirai ailleurs, et je n’irai pas rechercher des gens afin de ne pas être seule, mais j'attendrai seulement qu’ils viennent à moi. Je ne suis pas en train de dire que je veux être servie, mais que si je fais un effort que les autres ne fournissent pas à leur tour, je refuserai leur méthode et leurs envies et je tenterai d’animer un autre sujet de conversation, quelque part ailleurs, loin, ou près du précédent.

Si on me renie, je n’insiste pas. Je déteste quand on me force, quand on me commande, qu’on me dirige trop. Je n’ai besoin que d’une aide, de plusieurs aides, mais pas d’une chemin tout tracé. Si il y a un obstacle, je ne refuse pas un soutien quelconque, mais je n’accepte pas que l’on me retire cet obstacle, qu’on l’enlève de ma route, et que je marche tout droit sans m’arrêter, poussée, mais dirigée, par quelqu’un qui n’est pas moi.

La force ne peut être obtenue qu’en la méritant. La force de continuer ce long tracé qui nous mène à une réflexion intense sur notre existence. Pourquoi l’Homme a-t-il décidé de reproduire son identique, par maints et maints moyens, pas très différents les uns des autres ?

Seulement pour ne pas se torturer l’esprit.

Si l’Homme a voulu un régime dictatorial, il l’a eu. Mais celui qui est soumis, s’il a un esprit, pourra-t-il se révolter ? Bien sûr. On l’a déjà vécu, et on le vit encore. Le paradis sur terre est inaccessible. L’être humain a besoin d’aventure et la nature n’a pas comblé ce vide. C’est pour cela qu’il s’est créé un monde à lui. Je ne suis pas contre, au contraire je trouve que c’est tout à fait humain de vouloir du mouvement dans sa vie. Mais ceux qui n’en veulent pas doivent le supporter. Car si un le veux, il se servira des plus faibles pour combler son désir.
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Nicolas SORANZO