Présentation du livre

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A cet instant là, je ne soupçonnais pas que le chauffeur de bus Coréen me fixait dans le rétro viseur. De ma place, accoudée contre la vitre froide, les silhouettes des autres passagers se distinguaient vaguement dans un coin de l’œil gauche. Un bruit de fond soufflant jusque dans mes oreilles laissait à deviner l’occupation manifestement importante sur le reste des sièges de fond. Le regard posé sur sois, il se sent, et sait-on comment. C’est alors que je fuyais initialement pour un temps bref le regard du paysage défilant au bord de la route au rythme du bus. Oui. Ca a commencé comme ça, de découvrir que j’étais un écrivain. Ou plutôt, un futur écrivain, ou encore mieux, sur la voix d’être enfin, et réellement, un écrivain. Ca ce passe toujours comme ça, au moment ou l’on si attend le moins. C’est bien connu. A cet instant là, je ne soupçonnais pas que le chauffeur de bus coréen me fixait dans le rétroviseur. A mon tour, pas assez persuadée sur la réelle destination de son regard, je posais mes yeux dans les siens. Le regard sur soi, on le sent, et sait-on comment.
. Il était bien en train de se produire ce à quoi je ne me serais attendue. En un bref instant, une sensualité se détacha. Une alchimie que personne d’autre dans ce bus ne pouvait pressentir, ne pouvait pas même se douter. Etrange sensation. Je ne saurais établir combien de temps ce moment a duré. Mais ce que je peux affirmer, c’est qu’il a duré assez de temps, pour, qu’immédiatement, transparaisse à mes yeux, une flopée d’images et, plutôt osées. Je le déshabillais, dans une pièce mal assombrie du soleil. Une chaleur haletante, et l’humidité offrant quelques perles de sueur sur son torse imberbe, que mes mains parcourraient fermement. Un homme bridé, duquel je n’ai que la moitié de l’âge. Mais une osmose ne laissant rien à penser d’autre que l’instant délicat et sensuel du moment présent, et de la jouissance interdite. Reprenant place dans la réalité ennuyante, mon regard parcourait en vitesse les environs du bus, vérifiant discrètement si personne n’avait prit part par inadvertance à ce moment d’exaltation et d’ivresse éphémère. Sans attendre d’être rassurée, le rétroviseur de l’avant du bus reflétait une seconde fois sa paire d’yeux bridés mystérieux. Retour immédiat dans notre pièce secrète. Nous sommes debout, son torse est nu, je glisse entre mes doigts ses fins cheveux noirs d’un geste de la main. Tout va très lentement. Je glisse mes lèvres dans son cou qu’il incline légèrement. Il ne bouge pas, il ne parle pas, il me regarde de son air mystérieux. Il m’enlève mon tee-shirt, pose sur mes hanches, ses mains, qu’il fait glisser dans mon dos.
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Nicolas SORANZO