Putain de journée
Je suis bien sur cette plage, les vacances ce prolonge, je me sens détendu au soleil, regardant les jeunes femmes bronzées passer devant moi.
Mon plaisir serait presque parfait, si le matelas de plage ne formait pas un pli juste sous mes reins. Je chausse mes lunettes de soleil pour regarder plus discrètement le petit groupe de fille qui revient déjà.
Elles sont canon tout de même !
Mais, que ce matelas est chiant à me gêner ainsi, ça fait mal non de dieu ! Je me tortille un peu, espérant que cela suffise à me caller confortablement.
Mais, rien à faire, me tortille, me tortille et d’un coup, j’ouvre les yeux et prend un grand coup de lumière dans les mirettes.
Merde, ma saloperie de réveil qui ma lâché, je suis en retard, je rêvais, quel con !
Je saute du lit, Martine est partie avec les enfants. Elle n’a rien fait pour me réveiller et je la soupçonne même d’avoir demandé aux petits d’êtres silencieux, rien que pour m’emmerder.
Je souri en voyant les bols encore sur la table, c’est bien ce que je pensais…
Je souri moins en constatant qu’il n’y à plus de café, pas plus dans la cafetière que dans le placard.
Hé merde ! Je vais me taper mon quatrième retard du mois, le ventre vide en prime. J’aime la vie !
Le périphérique est digne de sa réputation, bouché !
Il faut que je reste zen, un peu de musique ? Comme par hasard, le crépitement qui accompagnait ma musique préféré c’est amplifié et a transformé mon auto radio en marteau piqueur.
Merde et merde !
Bon, respire mon gars et profite donc pour trouver une excuse, encore une. Ce salopard de Jean Louis ne va sûrement pas ce gêner pour signaler mon retard
10 heures 22, déjà, je tourne porte de Pantin et rentre dans Paris.
J’entre, façon de parler…
Au loin la file continue de voiture s’étire sans fin.
Font chier, font tous chier ce matin Martine, Jean Louis, l’auto radio et le reste….
Une place ! Je rêve, ça existe encore à Paris ?
Je ne réfléchi plus, un coup de volant, clignotant et hop, au moins ça je sais le faire. Je décide de prendre le temps d’un café et après tout autant avoir un bon vieux retard, qu’une heure et demi, ça fait minable.
Je souri en regardant la terrasse ou je vais m’installer et trouver une bonne excuse pour la journée complète.
Hé oui, finalement autant profiter pour aller me balader au Louvre ou à Montmartre.
Un petit rayon de soleil sur la table, j’ai commandé mon café, j’étends mes jambes, je me sens bien dans ma petite révolte. Je fais l’école buissonnière, comme les jeunes, comme à l’école, comme ce gamin qui approche en rollers.
Il à quoi ? 15 ans, lunette de soleil, jeans, blouson, il slalom entre les gens, les dépassent, il va vite, il est libre lui.
Tellement libre, qu’il passe devant moi à toute vitesse et à la même vitesse je vois disparaître par magie mon portable et mon porte-monnaie !
Je suis estomaqué, je ne peux pas bouger, je vois s’enfuir le gamin comme dans un film.
Il n’est pas arrivé au coin de la rue que je m’entends répondre en automate, oui, au serveur qui me promet une bonne journée ensoleillée.