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Dernière lettre


C’est à l’âge de douze ans que les médecins on décelé ma maladie, on me laissait un an à vivre, deux au plus si je me préservais au maximum. Mais ça fait quand même cinq ans que ça dure. Me préservé oui ! Mais n’ai-je pas perdu une vie tout de même ?

Je me nomme Amélie, mais mes amis m’appelle … Amélie, en réalité je n’ai aucun surnom, puisque je n’ai pas d’amis… Ah si j’ai les copains du centre, je préfère dire que c’est un centre, parce que « hôpital » ça me fait peur. A chaque fois que je prononce ce mot c’est comme si je ne sortirai jamais de ma chambre, comme si je finirais ma vie ici. Ce n’est pas horrible vous savez on est soutenu dans mon monde, on peut même dire que parfois et j’insiste sur ce mot « parfois » on n’y mange bien. L’équipe d’aides-soignantes et les médecins sont plutôt gentils. On se fait de nouveaux amis souvent … Trop souvent je dirais… On en perd également… tellement que c’est de plus en plus dure. Mais autour de moi j’ai la chance d’avoir ma famille, mes parents à qui je dois tous, pas ma maladie bien sûr ! mais ma vie et j’ai mon petit frère Ben, il a 9 ans il ne vient pas souvent me voir, j’espère qu’il va bien. D’après maman oui, mais avec tout ce qu’on me raconte depuis des lustres maintenant je ne crois que ce que je vois. J’ai décidé d’écrire ce que je ressens jour après jour je ne vous donnerais pas les dates, car ce sujet est un peu flou en ce moment avec les médicaments je n’ai plus trop la notion du temps. Donc on dira que c’est une lettre, permettant à maman et papa de tout savoir de moi une fois que j’aurais disparu.

Je n’ai pas peur de mourir. Tous simplement, car je vais bien mourir un jour soyons réaliste, on ne vit pas éternellement, alors à quoi bon s’attacher à un chemin, à un passage qui mène tous droit dans l’inconnu. Je suis plutôt pressé de le voir cet inconnu, maman dit que lorsqu’on est au ciel Dieu nous soulage de toutes nos maladies, pour pouvoir nous réincarner en être meilleurs,. Du coup je ne le vois pas comme une défaite, mais plutôt comme une chance, ma chance de tous recommencer avec zéro partout cette fois, ce ne serait pas normal d’être encore pénalisé sur ma seconde chance.

Tout a commencer à onze ans par de grosses migraines, des douleurs au côté droit de la tempe. Au début ce n’était rien d’après ma mère qui pensait immédiatement à une tentative d’esquivassions au collège. Puis lorsque ça m’est arrivé pendant les vacances de Noël pour mon anniversaire là, elle c’est inquiétée. Je ne lui en veux pas elle ne pouvait pas savoir, moi non plus d’ailleurs. Qui aurait pu se douter, qu’une tumeur avait grossit dans mon hémisphère droit et c’était emparé de mon cerveau au point de non retour. Celle-ci fût inopérable.
J’aurais quand même préféré que ce soit pour ne pas aller à l’école, à l’époque déjà je n’étais pas très sociable, mais suite à ça c’était pire.
Et les seuls amis que j’ai, ou que j’ai pu avoir, je les ai connus au centre beaucoup ne sont plus là, il parait que je suis plus robuste que d’autres, moi j’aurais plutôt dit que cette chose dans mon cerveau est plus vicieuse que les autres. Il faut être sacrément taré pour squatter un corps malade aussi longtemps sans jamais tenter de s’en débarrasser. Apparemment la chose aussi avait un plan B.
Elle va peut-être sortir et se mettre à chercher un nouvel hôte qui sait ?
Ne soyez pas si coincé il vaut mieux en rire qu’en pleuré, se serais faire trop d’honneur à cette méchante fée, qui a oublié de venir me voir sur mon berceau.
Quoi qu’il en soit je suis coincé ici, je poursuis mes études au centre en réalité je suis en 3ème, étant donné que l’on a décelé m’a maladie à l’époque de mon entrée au collège, avec les traitements et les chimiothérapies je n’ai pas pu suivre de cours pendant un an du coup j’ai dû recommencer m’a première année de collégienne. Donc me voilà à 17 ans en 3ème. Ce n’est pas grave de toute façon au centre je ne suis pas la seule à être en retard, pour dire vrai ici chaque enfant à des lacunes ou des retards.

Pour le moment je me sens bien, je n’ai pas l’impression d’être malade avec tout ce que j’ai subi les premières années je dois avouer que depuis quelques temps je me sens plus libre, je ne suis plus obligé de rester coucher toute la journée comme avant. J’ai toujours mes chimio, mes tonnes de médicaments à prendre, mais je suis libre de sortir de mon lit quand ça me chante.
Je peux même aller jouer aux cartes avec mes collègues du centre et ça c’est mieux que tous.

Quand maman et papa viennent je vois bien qu’ils font semblant de sourire et qu’ils font tous pour ne pas pleurer. Une fois je les ai regardé partir par la fenêtre j’ai vu maman éclater en larmes avant même d’avoir atteint la voiture. Alors, pour surmonter leurs douleurs ils me racontent les potins du quartier, je ne connais pas tout le monde physiquement là-bas, mais maman me raconte tout c’est drôle, chaque être dans ce monde se croit punit par on ne sait quoi. Ils pensent tous qu’ils ne sont pas heureux et ça me fait beaucoup de peine pour eux, car je me dis que s’ils se retrouvent face à un drame vraiment terrible, comment vont-ils le surmonté ?
Comment maman et papa vont surmonter ma mort ? Et Ben Est-ce qu’il se souviendra de moi plus tard ? Est-ce qu’il saura qu’un jour il a eu une grande sœur qui l’aimait de tous son cœur mais qu’il n’aura pas beaucoup vu à cause de cette chose dans ma tête. Mon ventre se noue à chaque fois que je pense à eux sans moi, à eux qui auront l’impression d’avoir tous perdu. Même si ma mort ne m’effraye pas, je suis… je n’ai pas de mot pour décrire ce que je ressens je dirais plutôt que ça me fait mal d’imaginer leur douleur. Je ne veux pas qu’ils se sentent coupable de quoi que ce soit et pourtant dans les yeux de papa à chaque seconde lorsqu’ils se fondent dans mon regard, c’est comme si je pouvais lire en lui comme si, il me demandait pardon. Il en veux beaucoup à maman de ne pas m’avoir cru au début, lui il travaillait en déplacement je ne le voyais pas beaucoup les week-end, mais jamais plus, donc il doit penser que s’il avait été là il m’aurait cru… lui.
Lorsque maman me regarde elle, je ne vois rien comme si toute sa peine c’était emparé de son corps comme si elle n’était plus là que pour pleurer, pour retenir ces larmes en ma présence. Je n’imagine pas leurs douleurs tellement ils doivent souffrir. C’est frustrant je trouve, de ne pas trouver les mots pour les réconforter, de ne pas savoir quoi dire lorsqu’ils reviennent d’un entretien avec le médecin et que maman me fixe comme si en une seconde j’allais disparaitre.
Que répondre à des parents détruit ? Quels mots ? J’aurai tellement souhaité qu’il ne m’aime pas, pour qu’il ne ressente aucune douleur lors de mon départ, mais ça voudrait dire alors que je serai seule dans cette chambre s’ils ne m’aimaient pas ils ne me rendraient pas visite chaque jour.
Ils n’auraient pas arrêtés de travailler pour rester à mes côtés et Ben ne passerait pas sa vie chez une nourrice alors qu’il a 9 ans. C’est terrible cette impression de culpabilité,
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Nicolas SORANZO