Présentation du livre

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Elle ne bougeait plus, ses yeux mi-clos fixaient inexorablement une partie du plafond de la chambre à coucher, sa bouche entrouverte laissa encore échapper un sifflement rauque, puis plus rien…

Quelques minutes auparavant, ses narines dilatées exprimaient le plaisir d’être possédée. Son teint légèrement empourpré lui donnait un air de poupée de porcelaine.
Elle avait entretenu et choyé son corps durant toutes ces années, dans le seul but de lui plaire.
Ne négligeant aucun détail, elle avait su s’embellir, trouver le raffinement suprême, éveiller sans cesse son regard, jouer de ses charmes et les mettre en valeur.
Ses cheveux s’éparpillaient à présent sur l’oreiller de soie vert pâle. Sa tête glissait sur le côté, alors que dans un mouvement de va et vient, il la chevauchait encore, emporté dans son élan, lui offrant sa jouissance. Une vague de chaleur envahit une dernière fois le corps déjà inerte de Bou !
Il souffla, toussa, puis ouvrit les yeux. Cet ultime effort avait été si fort, qu’il avait eu du mal à reprendre ses esprits.
Lui aussi avait su entretenir sa vigueur afin de toujours la satisfaire. Pas un jour sans s'être délicatement parfumé, sans entretenir ses muscles et particulièrement ceux du fessier qu’il avait toujours mis en avant, fier d’être svelte.
Lentement, il se retira puis bascula sur le côté, recroquevillant les jambes contre son ventre, serrant les poings, ramenant les bras contre son torse, il se mit à japper alors que Bou continuait son voyage.
Elle l’avait préparé à cette échéance, et pourtant, à cet instant, il ne pouvait admettre qu’il serait dorénavant seul.

La veille, Bou lui avait interdit d’hurler à la mort quand elle l’abandonnerait, lui promettant un ultime cadeau.
A cette pensée, une douleur qu’il ne connaissait pas vint le prendre à la gorge l’empêchant d’émettre le moindre son, elle envahit sa bouche puis se glissa derrière sa nuque, finissant sa course au bord de ses yeux.
Il n’avait jamais pleuré, et voilà qu’à présent, les larmes coulaient d’elles mêmes.

Etait-ce là le cadeau qu’elle désirait tant lui faire ?
Il ne pouvait y croire, cette souffrance n’était pas assez audacieuse, subtile, raffinée…
Pas digne d’elle !

A cette pensée, un mal étrange parcourut son corps.
Ses orteils se raidirent un à un, provocant une impitoyable douleur à chaque mollet, ses cuisses se durcirent au point de le statufier en un instant !
Il sentit ses poings se crisper davantage, puis ses avant-bras, ses épaules, enfin son crâne, comme prit dans un étau lui infligeant une effroyable migraine.
Seul son entre jambes se refusait à toute raideur.
A quoi bon, puisque Bou était partie !
C'est alors, qu'il passa du chagrin à la colère, il se mit à hurler :
- Bou… Bou… réveille-toi, ne me laisse pas maintenant... c’est trop tôt… je t’ordonne de revenir, de ne pas m’abandonner…je te l'ordonne, tu m’entends, je te l’ordonne !
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