avait détruit et de son cauchemar. Mais elle ne pouvait pas sécher une journée de cour. Dommage.
Elle laça ses baskets, pris son sac et sortit de sa chambre. Sans faire de bruit, elle descendit les escaliers en bois. Ses parents et sa petite sœur devaient encore dormir.
Dans le salon, l’horloge indiquait sept heures et demie. Le lycée n’était pas loin, mais Lara avait besoin de tranquillité. Elle ne prit qu’une barre de céréale et sortit sans bruit de la maison. Marchant lentement dans la rue, elle laissa ses pensés vagabonder en essayant de ne plus penser à ce réveille désastreux. Surtout au cauchemar…
Depuis qu’elle avait onze ans, Lara avait comprit qu’elle était différente. La première fois qu’elle s’en était aperçue, c’était le jour ou elle était entrée au collège.
Complètement perdue dans tous ces couloirs qui se ressemblaient, elle tentait vainement de suivre son plan pour se rendre en cour.
Une ombre menaçante l’avait soudain recouverte. Levant les yeux, elle avait croisé le regard dur d’un élève de troisième. Sans réfléchir, elle avait tourné les talons et rebroussé tranquillement chemin tout en espérant s’en tirer ainsi.
Raté.
Le jeune homme l’avait rattrapé nonchalamment et arraché son plan des mains. L’aillant tranquillement
déchiré, il fit tomber les morceaux devant elle. Répriment son envie de pleurer, elle regarda le ‘’grand‘’ s’éloigner.
Plusieurs sentiments s’agitaient en elle.
La peur, le doute, la colère, l’incompréhension.
Ce fut la colère qui l’emporta.
Les lampes du couloir s’éteignirent d’un coup. Lara marcha à grand pas vers le jeune homme qui s’était
retourné, surpris. Il éclata de rire ce qui eu pour effet d’attiser la colère de la jeune fille. Ses yeux devinrent entièrement noirs et ses cheveux tournoyèrent autour de son visage sous l’action d’une brise invisible.
Alors qu’il n’y avait ni porte ni fenêtre, un souffle de vent fit virevolter les petits bouts de papiers. Une mini tornade se forma dans le couloir. Le vent gagna en puissance et les rafales entourèrent le jeune homme qui regardait la jeune fille d’un air horrifié. Le vent sembla se solidifier et cueillit le troisième au creux de l’estomac. Il fit un magnifique vol plané et atterrit au bout du couloir. Il s’était enfuit en courant et les lampes s’étaient rallumées. Le vent s’était apaisé et les yeux de Lara avaient retrouvé leur vert pétillant.
Depuis ce jour, il survenait souvent des phénomènes inexplicables. Et toujours, c’était avec le vent. Cela se passait lorsqu’elle ressentait une émotion forte. De la peur, de la joie, de la colère… Elle en avait peur. Et ne savait pas maitriser ce qu’elle considérait comme une malédiction.
Et personne n’était au courant. Elle ne voulait qu’on sache qu’elle était anormale. Elle ne voulait pas être différente.
Maussade, elle rajusta son sac sur les épaules et se dirigea vers le lycée. Le lotissement était curieusement calme. A cette heure-ci, elle aurait déjà du croiser Yanis ou Joana qui n’habitaient pas très loin. Mais il n’y personne. Même les oiseaux ne chantaient pas.
Etrange.
Lara n’habitait pas très loin de son école. Elle ne mit que dix minutes pour s’y rendre. Un trajet effectué dans un silence pesant.
Le portail était ouvert. Mais dans la cour, elle ne voyait personne. De plus en plus intriguée, elle se rendit dans le hall qui résonnait habituellement des