Présentation du livre

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L'enfer oui ! j'avais l'impression d'être dans une espèce de bulle où tout ce qui est autour se trouve dans un nuage, on se dit que l'on va en sortir, que tu vas t'en sortir, que pour toi ce n'est pas grave.

Les autres passent autour de nous mais on a l'impression que ces êtres viennent d'une autre planète et puis quelqu'un vient vous chercher et là la réalité se fige.

Les médecins, tu n'as jamais aimé les côtoyer et je te comprends, mais là plus d'échappatoire, obligé de suivre et d'écouter leur diagnostic !
Au départ, le pronostic vital n'était pas en jeu, des possibilités s'offraient à toi, à nous, mais il y avait un mais !

Ce qu'il faut savoir c'est que tu étais entre de bonne main, ce cancérologue a été le meilleur et il a su s'occuper de toi, de tes doutes, être à ton écoute, et pour lui le plus dur "ne pas savoir" eh oui! le mal qui te rongeait était dans l'ombre.

Mais je crois qu'il faut d'abord parlé d'avant, cet avant qui nous a construit, qui a fait que tu sois toi, que l'on soit nous, que ta vie fut remplie de tout, de rien, du pire, du meilleur.
Et surtout de tout cet amour qui me manque tant et qui continuera à me manquer.
Maman, je voulais t'appeler et te dire, tu te souviens de ma naissance et de celle de Bruno, je t'aurais dit raconte moi ! mais c'est à moi de raconter aujourd'hui !

Mon frère aîné, je n'en parlerai pas vraiment, en fait nous n'avons que 13 mois de différence d'âge, et à mon arrivée il n'a plus voulu marcher, il avait déjà cette emprise sur Toi, et pourtant...
Je sais que sa naissance a été très dur, un jour de Pâques, en avril, pas de toubib disponible car tous en congés.
Mon frère est né avec la tête en "pain de sucre" comme tu disais, d'ailleurs tu avais peur que cela lui ai fait des séquelles,
on ne sait pas ! mais tu avais un fils et tu en étais heureuse ainsi que notre père, c'était ton premier et tu pensais t'arrêter là.

Bref, moi je suis née un 14 mai, on se demande comment d'ailleurs, rappelle toi, tu ne me désirais pas du tout et on en a rit souvent, tu te plaisais à me raconter tout ce que tu avais fait pour mettre fin à cette grossesse, c'était facile pour Toi, travaillant à Curie, tu étais déjà entouré de médecin et malgré tout ce qu'ils t'avaient donné rien n'y a fait je me suis accrochée à Toi, à ma Maman, mais j'ai lâché prise au cours du 6ème mois et là tu as été contrainte de rester allongée.
Moi je suis née en un quart d’heure, et à 9 h pas 9 h15 ! J’aimerais que tu en ries, trop drôle, tu me l’as souhaité tous les ans à cette heure là !

Désolée Maman ! mais je crois que tu ne l'as pas regretté !

Pourquoi dois-je raconté tout cela, tu n'aurais peut-être pas aimé, moi j'en ai besoin, pour te donner encore un peu de vie, pour te donner encore ce sourire, celui que j'aimais tant, ce dernier sourire que tu m'as donné,

oh! que j'aimerais le revoir !

Oui le revoir juste un court instant, il serait la sécurité, il serait la certitude que tu es encore là, il serait là pour apaiser mes craintes, mes doutes.

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Nicolas SORANZO