Chapitre 1er
Craintes
C’était une longue nuit d’hiver qui débutait et Kavoc n’arrivait pas à dormir. Blotti dans son lit, rien dehors ne perturbait la paisible nuit où seule la douce brise faisait danser élégamment les branches des arbres ; entre lesquelles on pouvait apercevoir un ciel dégagé d’un sombre bleu marine, parsemé d’une multitude d’étoiles que l’on pouvait aisément associer aux constellations.
Dans quelques jours, il le savait parfaitement, sa ville natale serait sujette à l’agitation annuelle occasionnée par l’approche de l’initiation. Cette période où pendant 15 ans il serait confronté à lui-même pour développer ses connaissances et ses pouvoirs. Il était effrayé, et sa mère s’en était rendu compte. Elle ne cessait depuis qu’approchait ses 10ans, de le rassurer, mais également de le mettre en garde de la dangerosité de la forêt. Il se répétait sans cesse ce que sa tendre mère venait tout juste de lui dire « Tout se passera bien mon fils, la force et le courage de ton père coulent dans tes veines, et mon amour t’accompagnera. »
Cela l’effrayait terriblement. Il se demandait comment un enfant d’à peine 10 ans pouvait-il affronter jusqu’à ses 25 ans, une forêt des plus dangereuse alors qu’il avait déjà du mal à trop s’éloigner de son arbre. De ses yeux vert pomme que l’on voyait très distinctement dans le noir de la nuit, il regardait posé sur la souche qui lui servait de table de nuit, un petit cube en bois qui d’après sa mère lui avait été légué par son père lors de sa mort. Il aimait se remémorer les histoires de son père que sa mère lui racontait. Et enfin, la tête remplie de souvenirs de son feu père, il finit par s’endormir.
La nuit s’achevait et le soleil se levait doucement, colorant ainsi le ciel d’un très beau rose croisé de orange, que déjà Kavoc se réveillait alors que rien ne venait perturber le parfait silence de Partimul encore endormi. Partimul, de son peuple Akmus, signifiait dans un langage très ancien qu’ils n’utilisaient plus, nature. C’était un village perché dans les arbres d’une île assez vaste et à la forêt dense. Cette île se trouvait elle-même dans les courants rapides qui étaient en fait les chutes de cascades constituants une gigantesque gorge, la gorge de Mangrul.