Présentation du livre

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Pierre.
Son chien mourut. Eh, oui! C’est bête, mais ce décès replongea Pierre dans sa dépression.

Ce soir-là, Pierre pensa à l’impensable. Il envisagea de se suicider. Pourquoi? Parce que sa vie allait nulle part? Parce qu’il était en dépression? Parce qu’il en avait assez d’exister? Non. Pierre cherchait uniquement de l’attention. Son seul ami était Simon, un psychologue. Un psychologue!
Mais un seul bémol persistait dans la tête de Pierre. Il était convaincu de vouloir se suicider, mais qui découvrirait son corps? Qui se soucierait de voir si Pierre était toujours vivant? Bien entendu, Simon!
C’est pourquoi Pierre prévit de se suicider le lundi suivant, vers 6 :00, le moment où le psychologue l’appelait.
Maintenant, il était 5 :58. Le moment tant attendu.
Pierre prit un grand sac d’épicerie. Il le regarda longuement. Il ne se serait jamais douté que sa vie finirait dans un Maxi! Il se mit le sac sur la tête et le noua avec un élastique. Plus qu’à attendre que le gaz carbonique remplace l’oxygène et qu’il ne puisse plus respirer.
L’attente fut plus longue que Pierre le croyait. Bien des fois, il faillit enlever le sac et jeter la lettre. Mais il se ravisa. Il devait mourir. Sinon, que faire?
Pierre commença à être étourdi. Il tomba sur le sol. Ses yeux commencèrent à se fermer. Tout tournait… Il suffoqua. Il cherchait de l’air, mais n’en trouvait pas! Il n’avait même plus la force d’enlever le sac.

Le téléphone sonna soudain.
Simon.
Qu’est-ce que je fais? Je réponds ou je ne réponds pas?
Dring!
Si je réponds, je pourrais parler et me sortir de ce mauvais choix!
Dring!
Non! Je ne réponds pas! Il est trop tard et je DOIS mourir! La vie est ainsi faite, tout le monde meurt un jour! Pourquoi pas maintenant?
Dring!
Pierre s’interdisait ainsi de répondre. La boîte vocale enchaîna.
Pierre reconnut sa voix joviale qui datait de jours meilleurs.
«Bonjour! Eh, oui! Vous êtes bien chez Pierre Martel, l’homme le plus seul au monde! Ha, ha, ha! Laissez moi un message après le signal et je vous rappelle!»
Pierre commença à mourir lentement. Il ne pouvait plus bouger. Le léger «BIP!» annonçant le début du message se fit entendre dans la pièce. Pierre se raccrocha à ce signal comme à sa vie, mais en vain… Ses yeux se fermaient lentement… La dernière chose qu’il entendit fut le message sur son répondeur.
«Oui, monsieur Pierre Martel, ici Brad, le propriétaire de Au bon chez soi. J’accepte de vous faire passer une entrevue. Rappelez-moi et nous discuterons de votre horaire!»

Maudissant tous les démons ayant causé cette mésaventure, Pierre s’éteignit lentement, mais sûrement.

Un petit rien fait le bonheur d’un grand tout!
Un grand tout fait le malheur d’un petit rien!

Miguel Plante, 17 août 2009
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