s'entendre dire 1000 fois "d'être prudent parce que, hein, l'Afrique, c'est quand même ... hein ?"
- de ranger mon bureau
- de penser à toute la paperasse (impôts, transfert du courrier, assurances, ...)
- de faire toute la paperasse
- de se dire que je n'aurai plus une seule rentrée d'argent pendant 6 mois
- de s'entendre dire qu'on va manquer
Facile :
- d'oublier les dossiers du boulot
- d'organiser une méga bamboula pour fêter ça
- de se lâcher au magasin du Vieux campeur
- de résilier les abonnements (loyer, EDF, téléphone, ...)
Michel Sardou et Rose Laurens explosent mon ampli, mes affaires sont éparpillées un peu partout, quelques bonnes bouteilles sont débouchées chez Fred, mes grands-parents, Loulou, Gaël, mes parents, Christelle, Ji-Pou, Pierre, ... Jusqu'au jour où ... Plus une seule clé sur moi ! Boulot, voiture, appartement, antivol, boîte aux lettres, ... : plus rien qui ne justifie que je conserve des choses qui méritent d'être fermées aux autres.
Barack Obama vient d’être élu, Noir Désir a tout juste sorti deux nouvelles chansons : je peux partir en paix, mon avenir à moi est aussi peuplé de désirs noirs.
Bus Malaga - Tarifa - 16 novembre 2008 - 20°C – 12h00
Bibi et Xavi viennent de prendre leur AVE (TGV espagnol, qui va plus vite que vite) pour Madrid, Baud m'accompagne jusqu'à la gare routière toute proche. "Cuando llega el proximo autobus para Tarifa ?
Ahora mismo !". Je culpabilise de laisser Baud attendre 3 heures seul son avion (19 heures de trajet depuis Belfort pour 24 heures à Malaga : chapeau bas Monsieur !) mais cette opportunité ne peut être que le signe du destin. Adelante con los tambores ! Première erreur : il faut toujours penser à prendre de l'eau avant de monter dans un bus, surtout quand on a aucune idée du temps de trajet. Malgré la fatigue qui suit une nuit trop courte, impossible de trouver le sommeil en longeant cette côte généreusement bétonnée, qui change des rangées d'oliviers ("tantos oliveiros", chantait Paco IBANEZ) du voyage depuis Madrid ou encore des grandes plaines à toros de la Castille. L'excitation est trop grande. Alors je repense à la journée d'adieux d'hier et l'amitié que m'ont faite Bibi, Xavi et Baud de m'accompagner au bout du continent Européen. Journée-soirée superbe, attestant s'il en était besoin notre capacité savamment développée et entretenue à nous adapter à n'importe quel contexte pour expérimenter nos ouikènes "qualité de vie". Bayonne, Saint-Malo, Paris, Dublin, Londres, San Sé, Barcelone, Madrid, Prague, Dubrovnik, Tartu, Dahab, Gorom-Gorom, Tofo ... les changements de scènes sont autant de prétextes au renouvellement de nos manifestations spontanées de savoir-vivre. Le déjeuner dans une cantine de mariscos en bord de mer s'est prolongé jusqu'au coucher du soleil, Baud estimant que le mojito avait été inventé pour faire digérer le