Présentation du livre

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Comme toute la France Oloron Sainte Marie était occupé par les allemands et ils réquisitionnaient les jeunes pour le travail obligatoire en Allemagne.
En février 1943, je travaillais chez Tarascon, une usine qui fabriquait des sabots.
Le 3 février j'ai reçu une convocation pour aller travailler en Allemagne.
J'en ai parlé à ma fiancée qui travaillait alors chez un professeur juif du collège à Oloron.
Ce même professeur lui a dit que si je voulais partir en Espagne pour rejoindre les forces françaises libre il me mettrait en relation avec des passeurs pour traverser la frontière. Évidement j'ai tout de suite accepté cette proposition.
Ainsi le 6 mars 1943 grâce à Monsieur Jean Tarascon qui allait chercher des grumes en camion à Tardets nous retrouvions ses passeurs qui m'attendaient.
Il n'y avait pas que moi dans ce convoi il y avait mes camarades, Gil de Bidos et Jeannot d'Oloron ainsi qu'un couple de juifs et deux jeunes filles juives de mon age! La nuit tombée le passeur nous a dit « on y va » ! On est partis par Larrau, on a traversé la foret d'Iraty . Toute la nuit on a marché dans l'eau, la neige et a midi on est arrivé à la frontière.
On était très fatigués. Le passeur très gentil nous a dit «  vous êtes rendus et pour me payer vous me donnez ce que vous voulez », moi je lui ai donné 1000 Frs toutes mes économies. Je suis resté sans rien, le passeur nous a dit « vous traversé le petit ruisseau de l'autre coté il y a un petit sentier qui mène à la maison des carabiniers », puis on s'est dit au revoir.
Une fois que l'on a eu traversé on sait dit « nous sommes sur le territoire espagnol on ne risque plus rien », on sait assis par terre et on a ouvert nos sac pour manger tranquillement quand tout à coup j'ai entendu un bruit, j'ai retourné la tête et j'ai vue la patrouille allemande qui était cachée de l'autre coté du ruisseau derrière un hêtre et nous mettait en joue! Alors j'ai dit «  attention il nous visent » alors tout le monde s'est levé et nous sommes allez nous cacher derrière les arbres pendant que les allemands nous mitraillaient.
C'est là que nous nous sommes perdus. Je me suis retrouvé tout seul, et tout à coup j'ai entendu «  on est là », je me suis retrouvé avec le couple et les deux jeunes filles juives.
Au bout d'un moment je suis redescendu pour reprendre mes affaires les allemands m'ont aperçus et m'ont retiré dessus. Ils étaient venus récupérer nos affaires alors je suis retourné vers le couple et les filles et on a essayé de retrouver le chemin mais hélas on s'est retrouvé au sommet de la montagne sous les sapins.
Il neigeait et la nuit tombait j'ai dit à ce couple et les filles «  on va passer la nuit ici et demain il faudra trouver une issue ». J'ai alors coupé des branches de sapin j'en ai fait un matelas et j'ai dit aux quatre personnes de ce coucher. J'ai ensuite coupé d'autres branches et je les ai recouverts. Je me suis couché à mon tour , on avait froid moi je n'ai pas dormis de la nuit un moment donné j'ai entendu du bruit j'avais peur que se soit une patrouille allemande .
Mais le matin quand j'ai voulu me lever mes jambes ne me tenaient plus . Je les ai frotter un peu et ça a été.


C'est alors que j'ai marché un peu pour voir qu'elle direction il fallait que l'on prenne et à ce moment là je me suis aperçu que le bruit que j'avais entendu c'était en fait des sangliers qui avaient retourné la terre à quelques vingtaines de mètres de là où nous avions dormis. Quand mes jambes ont été bien j'ai fait lever les quatre personne, je leurs ai dit qu'il fallait trouver une issue dans la journée. On avait rien à manger ni à boire et on avait très froid. Une fois qu'ils se soient frictionnés les jambes on est partis à l'inconnue à travers la montagne. Quand on est arrivés en haut on ne voyait que d'autres montagnes. Alors j'ai pris la décision de redescendre dans la foret. J'étais très fatigué et mes collègues aussi , on a continué à marcher et tout à coup j'ai aperçu une lisse, pour vous dire ce qu'est une lisse c'est un couloir entre des arbres, on met les grumes de bois en haut et ils descendent en glissant vers une plate forme. J'ai dit à mes camarades qui étaient résignés à vouloir abandonner, «  nous sommes sauvés on va tomber sur quelque chose » on a donc pris la lisse et on l'a descendue au moins sur trois ou quatre cent mètres et on est arrivés a la plate forme. On a alors continué à marcher sur ce chemin puis dans la foret pour ne pas être vus . Une centaine de mètres plus loin on est arrivés à l'endroit où on l'on avait mangé c'est à dire qu'on avait tourné en rond. J'ai dit maintenant on va prendre ce petit sentier que nous avait dit le passeur et on sera sauvé. Il était environ quatre heure de l'après midi et on ne savait pas à quelle distance ce trouvait la maison des carabiniers . C'est alors que les deux jeunes filles m'ont dit tu t'en vas tout seul avec le couple car le couple était plus agile mais les deux jeunes filles étaient épuisées, les pieds pleins de plaies et ne pouvaient plus marcher. Elles m'ont dit on reste là mais je leurs ai dit de prendre un peu de courage on était presque arrivés, de ce mettre chacune sur une de mes épaules, en faisant quelques pauses on est y arriveraient.
C'est ce qu'elles ont fait, on a continuer de marcher sur ce sentier plus d'un kilomètre toujours les deux filles accrochés sur mes épaules j'étais très fatigué mais j'étais obligé de faire cet effort pour sauver leurs vies et la mienne. Enfin au bout de deux heures et demi de calvaire nous sommes arrivés à cette maison des carabiniers.
Ils nous ont emmenés dans une grange pour nous faire dormir sur la paille et c'est là que l'on a retrouvé nos trois camarades qui était avec nous quand la fusillade a éclatée. Ils avaient fait comme nous ils avaient dormis sous les sapins on devait être à cinq cents mètres les un des autres ! Mais le hasard ne nous a pas fait rencontrer. On était mort de faim alors une de ces jeunes filles a appelé un carabinier. Ils ont parlés ensemble et le carabinier est revenu aussitôt avec une bassine dans laquelle nous avions de quoi manger. Je ne me rappelle pas ce que c'était. Il y avait de la viande . Bref on a mangé tant qu'on a voulus et c'est cette jeunes filles qui avait des sous dans la doublure de sa veste qui a payé. On sait ensuite couché tous cote à cote sur la paille et on avait bien chaud. Le lendemain matin il a fallu reprendre la route pour arriver à Issaba. Au moins cinq kilomètres à pied et moi toujours avec ces deux filles qui avaient mal au pieds, accrochées à mes épaules. Je peux vous dire qu'on a souffert beaucoup mes ces deux filles en particulier avec leurs pieds en sang et la fatigue elles ont vécus un drôle de calvaire. A Issaba on a été pris en charge par les espagnols . Ils nous ont mis dans un bus et direction Pampelune. Il faut que je vous dise que dans cette maison des carabiniers on était nombreux à ce moment il y en avait beaucoup qui passaient la frontière.
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Nicolas SORANZO