Je ne lui en serais à jamais reconnaissante. Elle s'appelait Madame Summers. C'était la seule qui pouvait encore me dire que je n'étais pas là pour rien et que l'écriture était quelque chose qui m'était donné en don, voilà pourquoi j'ai décidé de faire des études dans les langues pour devenir écrivain. Mais aurais-je l'occasion un jour d'entendre ma famille me dire qu'elle est fière de moi pour ce que je veux apprendre? Pour ce que je veux faire? Aurais-je au moins une fois l'occasion d'entendre ce mot que tout le monde entend à part moi? Ce mot qui vous fait sourire et vous donne parfois les larmes aux yeux. Ce mot qu'on dit avec tendresse et joie, ce mot si simple à la fois. C'est ce "Je t'aime" là que je veux entendre et voir. Mon journal, je te laisse en ce jour, le souper est prêt, et si je n'y vais pas, je serai privé de souper ce soir.
Cher journal,
Aujourd'hui, le bus n'est pas passé. Mes frères ont de la chance, c'est mon père qui les conduit. Moi je suis obligé de prendre le bus chaque matin. Même lorsque je veux aller quelque part. Bien obliger de retourner chez moi, car aucun autre bus ne passera, je trainais en chemin. Peut-être la peur de savoir ce qui va se passer. Peut-être qu'ils ne diront rien, souvent ils m'ignorent, même quand je fais une bêtise. Cela me rappelle pas mal de choses. Je suis tombé un jour sur le journal qui concernait ma naissance. Bien qu'il n'y avait que justes que des notes importantes, le reste concernait toujours les pleures que je faisais. Je me demandais et je me demande toujours pourquoi ma mère et mon père n'avaient noté que cela. Par rapport à ma fraternité, pour eux, tout était complet. Mais moi qu'est ce qui s'est passé? Je me demande si on m'a vraiment tout dit. Je n'en sais rien. Je suis arrivée chez moi, en ouvrant doucement la porte. Ma mère était dans le corridor en train de fumer sa cigarette, à souffler sa fumée en plein dans ma figure, et n'a fait qu'un regard interrogateur mais ne m'a rien demandé. Alors que je suis sur que Jérémy ou Antoine aurait eu des questions à tout bout de champs comme je l'entends chaque fois qu'ils rentrent des cours. Ma mère m'a encore regardé pendant un moment. J'attendais pour voir si elle allait me dire quelque chose mais rien. Elle m'a juste montrer de sa main l'escalier.