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LES SOLITAIRES

Les solitaires sont des papillons de nuit.
Ils cherchent et pourtant sont attentistes.
Il erre, son âme en désespoir, et dépérit.
Elle va, sans but, et, sans raison, s'attriste.

Il est là! Je le sais, celui vers qui tend ma vie,
Mais quand j'avance ma certitude s'enfuit.
Elle est là! Je le sais celle qui deviendra ma vie,
Mais si j'appelle mon doux rêve s'évanouit.

A l'image de tous, ils parlent, chantent et rient
Mais le soir venu se referme sur eux la solitude.
Longues sont les nuits quand du vide ont est épris,
Interminables, tel des siècles sans fin de platitude.

Sous les draps, glissent, de la mort, les doigts glacés.
Sur la nuque, ils se posent et, lents, suivent l'échine.
Un long frisson grandit, parcourt la peau de peur hérissée,
L’éveil survient dans les suées avant que sonnent matines

Puis, après maintes désespérances viennent le jour, l'heure,
Où l'aveugle papillon se fait lumineuse luciole.
Dans l'ombre de sa retraite, il entend battre un cœur.
C’est celui de son opposé, celui d'une autre bestiole

Alors, ils prennent leur envol, tournent dans le néant.
Ils s'aperçoivent, se hèlent, se touchent, se resserrent.
Ils dansent dans les airs, tourbillonnent, se font géants,
Plus rien n'existe sur terre que leurs douces lumières.

Et le monde s'ouvre comme s'écartent leurs frêles bras
Tout se mélangent dans la fusion de leurs jeunes corps
Ils deviennent autres, qui l'eut cru, un plus un égale trois.
Voici donc la seule loi qui vaille, faire naître une vie avant la mort.

R.D
LES GENS, D'AILLEURS

Les gens d’ailleurs, _ les gens d’ici
Chacun ont leurs petits soucis.
Qu’ils soient de lait _ ou chocolat
Tous serrent leurs petits dans les bras.

Ils sont tout ronds _ et tout jolis
Ils font caca et font pipi.
Ils disent areu, _ areu, areu
Et ça suffit pour rendre heureux.

Et les papas _ et les mamans
Retrouve une âme de p’tit enfant.
Sont en guimauve _ en caramel
Quand leurs bébés sont en dentelle.

Ils veulent un monde _ qui devienne beau
Qu’on lave le sol avec de l’eau.
Que tout l’ monde s’aime _ comme dans les livres
Qu’on sorte enfin du bateau ivre.

Et c’est ainsi _ que de leur cœur
Ils chassent tout ce qui fait l’ malheur.
Et ils cultivent _ les mots en é
Egalité fraternité.

Et ils écrivent _ des poésies
Qu’ils offrent à lire à leurs amis.
Ils sont joyeux _ sont contents d’eux
Veulent que les gens soient tous heureux.

C’est merveilleux _ cette nouvelle terre
Qu’ils vont bâtir avec leurs frères.
Le paradis _ il faut y croire
Pour faire une rime avec espoir.

Ils sont d’accord _ pour l’utopie
Demain sera droit comme un i.
Alors pourquoi _ au p’tit matin
S’en vont-ils tu _ er _ leurs _ voi _ sins ?

R.D
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