Chapitre 2
Karen s'énervait. depuis l'appel de son mari, tout allait de travers. Elle avait voulu préparer un petit dîner aux chandelles mais rien ne se passait comme prévu. Les enfants qui devaient s'absenter ce soir là, avaient brusquement annulé leurs projets . En fait, c'était surtout Meg qui avait brusquement annulé ses projets. Elle était rentrée une fois de plus comme une furie, en hurlant "J'en ai vraiment marre !!" et en claquant la porte. Elle était montée dans sa chambre et s'était enfermée à double tour. Karen avait sursauté et lâché le plat qu'elle préparait. Tout le saumon et la sauce s'étaient répandus par terre, le plat était cassé et le beau chemisier chocolat de Karen tout tâché.
- Mais ce n'est pas possible ! Qu'est-ce qui se passe encore ? Meg descends tout de suite et viens m'aider !
- Non !!
- Ecoute j'en ai vraiment assez de tes humeurs !! Descends immédiatement !
- Non !
- Je ne le dirai pas une troisième fois ! Dépêche toi !
Meg descendit bruyamment les escaliers, ramassa les morceaux du plat et les jeta violemment dans la poubelle.
- Voilà, tu es contente ?!
- Non ! J'aimerais vraiment que tu te calmes Meg. J'en ai plus qu'assez. tu es vraiment de plus en plus insupportable ! Ton père rentre tôt et je ne veux pas de disputes ce soir ! c'est bien clair?
- Pour une fois que Monseigneur rentre tôt, il faut se taire !
- Ne parle pas comme ça de ton père!
- Pourquoi ? ça lui va bien non? il rentre quand ça lui chante et tout le monde doit se plier à ses désirs. et toi, tu l'attends palpitante et lui, et bien il met les pieds sous la table car Monsieur est fatigué !
- Comment oses-tu? C'est un très bon mari et un père dévoué et attentionné. Il travaille très dur pour réussir ! Qu'y a-t-il de mal à ça ?
- Il y a que toi, tu négliges ta carrière d'écrivain car il préfère être l'homme de la maison !
- Ton père a des principes mais il ne m'a jamais empêchée d'écrire, ni de faire carrière ! il me soutient même !
- Alors pourquoi tu n'écris plus ?
- tout simplement parce que je n'ai pas encore trouvé de sujet qui me motive.
- Oui, bien sûr ! C'est facile de dire ça !
- Ecoute, ça suffit maintenant ! Je n'ai pas à me justifier auprès de toi. Tu t'inventes encore des histoires ! La discussion est close !
- Ah oui, je suis réaliste alors j'invente des histoires !
- La discussion est close et va te débarbouiller ! On dirait une catin !
Meg se leva, furieuse, jeta un regard noir à sa mère et monta en courant dans sa chambre.
- ce n'est pas possible ! je ne sais plus quoi faire, elle est infernale !
Elle remarqua soudain que son fils avait assisté à toute la scène sans broncher.
- Oh, Alex tu étais là. Je suis désolée mon chéri que tu aies assisté à cette dispute.
- ce n'est pas grave, mam'" dit-il tristement. ça ne change pas tellement !
- Oui, tu as raison. Je ne sais plus comment faire, elle est de plus en plus agressive. Avant elle avait juste des sautes d'humeur mais là, ça tourne au cauchemar.
- Oui, elle a beaucoup changé. Elle ne s'intéresse même plus à moi.
La tristesse de son fils la bouleversa. Meg, en effet, ne passait presque plus de temps avec son frère, ils étaient si proches avant. cela ne pouvait pas être que l'âge. Sa fille venait d'avoir dix-sept ans et son fils, quatorze. Mais Meg avait tellement changé depuis un an. Elle était toujours souriante et gaie avant, très attentionnée et entourée d'amis. Elle adorait son frère. Ils passaient des heures à discuter, à rire, à jouer au basket, à se balader ensemble..Et puis Meg avait commencé à changer.
Karen se sentait coupable, elle pensait que son accident avait perturbé Meg. Immobilisée pendant sept mois suite à un accident de voiture, elle avait dû laisser Meg s'occuper de tout. Prendre en charge une maison à seize ans, était une lourde responsabilité. Pourtant elle s'en sortait bien ; elle était même fière de ses nouvelles "fonctions". La maison était toujours propre et ses talents culinaires s'étaient améliorés de jour en jour. Son frère l'avait beaucoup aidée : il s'occupait des courses, des lessives et d'autres petites corvées pour la soulager. Ils avaient trouvé un nouveau jeu : ils jouaient aux grands, aux parents. Tom, très pris par son travail, n'avait guère pu les aider. Les enfants, complices ne s'étaient jamais plaints.