Présentation du livre

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Mais le fruit est sec lorsque l’on a finit d’en aspirer le nectar… Pourtant elle seule était la solution pour aller rapidement en Pays Loup ! Il s’était juré de ne pas lui faire de mal. Il ne la croquerait pas tout entière même si elle le tentait irrésistiblement. Sa magie se développait autour d’elle comme un parfum, le rendant fou. S’il n’y succombait pas…
Soudain, une barrière fut brisée en son être. Son désir submergea ses scrupules, les balayant d’une poussée incontrôlable. Il la saisit violemment par les épaules, la tournant vers lui. Il aperçut furtivement l’étincelle de peur dans le regard d’émeraude. Il ne ressentit pas ses poings essayer de marteler sa poitrine, il ne sentit pas les longue le griffer. Assourdis par le désir, il planta ses dents dans le cou gracile. Il serra la femme dans ses bras, la collant contre lui, mais déjà elle s’amollissait. Il savourait le contact de ses lèvres sur la peau fine, le goût du sang sur sa langue, mais surtout le flots de magie qui traversait sa poitrine, réchauffait ses muscles, aiguisait ses sens.
Il revivait ! Mais il se força aussitôt à rompre le contact entre sa bouche et le fruit prodigue. Il mourut… pourtant son cœur battait la chamade, il sentait l’instinct de l’animal remuer en lui. Son désir de magie n’était pas assouvi, il était affamé. Elle était immobile dans ses bras, le regard fiévreux. Elle tremblait. Sa pâleur trahissait l’épuisement qui devait s’abattre sur elle. Elle essaya faiblement de le repousser, le fixant de ses yeux acérés comme des crocs.
C’était plus simple de partir, alors il la lâcha lentement. Elle se retint à la balustrade, chancelante. Se détournant, il la laissa seule. Maintenant elle savait ce qu’il était, et surtout, elle savait qu’il n’était qu’un salaud. Le sang dans sa bouche ne lui paraissait plus sucré, mais d’une âcreté écoeurante.
Il passa devant ses hommes, tel un coup de vent. Ils ne dirent rien, ils avaient déjà reçu des instructions. Il traversa le château, sortit en empruntant le tunnel creusé dans la roche. A présent son seul but était le Pays Loup. Quand il fut hors de vue du château, il plongea dans la mer verte des arbres. Il plongea en lui-même, puisant la magie qu’il avait pris à la jeune femme. Cette magie que son cœur ne produisait pas comme le devrait un digne représentant de sa race. Cette magie qu’il avait lâchement volée. De majestueux bois de cerf apparurent de chaque côté de son crâne. L’homme honteux céda sa place au noble animal. Sa forme divine, ce grand cerf fier, s’élança dans la forêt. Vif et souple il disparut dans les fourrées, dévalant la pente en direction du sud-ouest.
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Nicolas SORANZO