fasse beau pour se
mettre en terrasse. Ok. Un coup d’eau sur la figure, un coup de déodorant et faire les fonds de
tiroir.
Quelques euros en poche, assez pour tenir une heure tout seul. Personne encore en terrasse, je
m’installe là où je me sens vraiment à ma place quand il fait beau temps, quand il pleut,
quand le bar ouvre ou ferme, au comptoir.
Kir pêche, ici, dans ce bar, on l’appelle le petit Lubin. Un bon rapport qualité cuite. Les
bienfaits du sucre. Le mal de crâne du muscadet.
Toujours cette chanson en tête, comme des coups de marteau. T. arrive. Lubin. Apres deux
verres, quelques cacahuètes et trois bonjours on décide de se lancer dans un super-G au
Lubin.
Trois ballons chacun, alignés sur le comptoir, à boire cul sec, le dernier à finir paye ou plutôt
fait marquer. L’alcool rends pathétique.
Retour chez moi. Dans une heure c’est l’ouverture des bars de nuits, 18h, les clients se
pointent jamais avant 21h. Pendant ce temps les barmen préparent leurs punch et les vodkas
arrangées. Les tarifs sont hors compétition. On goûte, on aide à rectifier. Pendant une heure
c’est café, téquila, vodka, un petit flipper ou une partie de fléchette. Quand le sang monte au
joues, c’est l’heure d’aller bosser.
Calot, tablier, t-shirt, gras, gras ,gras. Les clients arrivent par vagues alcoolisées. Ça tape sur
le comptoir en gueulant des « à quelle heure? » , ils puent le vin et la bière, ils bouffent plus
qu’ils ne mangent, laissant derrière eux des
tas d’ordures qui grossissent à chaque marrée.
Pendant le service du soir, avec le boss on tourne au whisky coca. Chacun son tour pour la
bouteille.
La soirée se termine, il est minuit, on ferme.
Ménage. Le patron tous les soirs est plus brûlé que ses pizzas en fin de service, je me cogne
tout le nettoyage, y comprit la gerbe des mangeurs de sandwich, à coup d’eau chaude. Les
frites et les papiers alu qui jonchent le trottoir. Et l’intérieur, les grills, la plonge, les plans de
travail, le sol, les pleins, les vides, ranger le scooter dans le couloir, la banne, le panneau…
toute la merde et de bon cœur, assez saoul pour pas râler.
Pendant que le boss compte et recompte et revérifie encore la caisse de la journée. Les
chiffres voulant pas rester en place c’est lui qui doit traîner.
Un dernier verre après m’être changer, un « à demain » et je retourne au bar.
L’ambiance change radicalement avec celle de l’après midi. Jeu de lumières, musique de
merde, pétasses plein le comptoir. Ambiance. Ils se vendent tous pour pouvoir vendre plus de
bières que le voisin. A celui qui attirera le plus de beaufs.
J’ai une bouteille de whisky sur l’étagère, je demande un verre et des glaçons. Je choisi le
bout du comptoir où il n’y a pas d’enceinte. Le barman me sert. Je bois. J’attends la
fermeture.
Le bar se vide peu à peu. Je bouge pas de mon tabouret, les voisins ont droit à des privilèges
incontestables.
La grille descend, on est plus que quatre, T. viens