- « Alors, je me déshabille et je me laisse faire. »
Valérie le regarda calmement, le détaillant des pieds à la tête, et lui répondit :
- « Si vous voulez, ce ne sera pas une corvée pour moi , vous êtes bel homme mais je suis sure que votre sœur ne m’a pas envoyé ici que pour ça , elle espère mais ce n’était pas sa priorité, elle a dit qu’il fallait que je vous parle … »
- « Ah. », lui répondit-il soudain plus calme, mais ajouta d’un ton acide :
- « Elle vous a tout dit , n’est ce pas , mon père et tout et tout ? »
- « Non, elle ne m’a rien dit. », déclara t-elle calmement.
Frédéric s’approcha d’elle pour venir s’asseoir dans l’autre fauteuil. Il passa sa main dans un geste nerveux dans sa chevelure et posa ses magnifiques yeux verts sur elle, puis demanda :
- « Rien du tout ? »
- « Non, elle m’a juste dit qu’il fallait combattre le mal par le mal, je n’ai pas compris .. »
Frédéric lui sourit légèrement perdu dans ses pensées et chuchota :
- « Je vois. », puis il ajouta à son intention : « Je reconnais bien là ma sœur. Comment vous appelez vous ? »
- « Valérie, mais vous pouvez m’appeler comme vous voulez… »
Frédéric sembla agacé par sa réponse et demanda crûment :
- « Et comment en êtes vous devenue à devenir une pute ? »
Valérie n’aimait pas aborder le sujet mais elle lui répondit avec aplomb :
- « Ce n’est pas un choix de carrière, elle regarda autour d’elle puis continua, disons que je suis pas née dans le luxe..dans ce monde , il faut savoir survivre parfois. »
- « Vendre son corps n’y avait-il pas d’autres solutions ? », demanda t-il avec dégoût.
Valérie , agacée, lui répondit :
- « J’en suis pas fière mais non, je n’ai pas trouvé de meilleure solution, mais c’est pour parler de vous que votre sœur m’a envoyé … »
II
Lorsque Valérie se réveilla, elle mit un instant à se souvenir où elle était. Elle sentit une main d’homme sur sa taille , elle tourna la tête et reconnut Frédéric. Il avait bougé dans son sommeil et s’était calé contre son corps instinctivement. Il dormait profondément ses traits étaient détendus. Elle sourit, ainsi endormi, il paraissait plus jeune , mais elle fut alors consciente de son corps contre le sien qui lui n’avait rien d’un corps d’adolescent, elle en ressentit du désir. Il était le premier depuis si longtemps qui ne l’avait pas traité comme un objet de plaisir, songea t-elle. Valérie se dégagea doucement et après l’avoir regardé un instant, elle sortit de la chambre. Il était temps de rentrer chez elle, pensa t-elle.
Le soir lorsqu’elle se prépara pour regagner son trottoir, elle ne put s’empêcher de repenser au jeune Frédéric, sa longue conversation avec lui avait accentué son envie de quitter cette vie. Elle soupira : Comment faire ?
Elle arriva à 22h00 à son « travail », et à peine eut-elle été là cinq minutes que Frédéric approcha d’un pas décidé. Avait-il changé d’avis ?, voulait-il un nuit de plaisir ?, se demanda t-elle. Elle en fut déçue, elle aurait voulu qu’il soit différent …
Mais lorsqu’il s’approcha, il lui tendit 500€ et Valérie le suivit jusqu’à sa voiture la tête baissée.
Puis, elle lui demanda dans un murmure :
- « C’est Bénédicte qui vous a dit ou me trouver ? »
- « Oui, puis il réfléchit un instant et lui dit : A votre tête, je me doute ce que vous croyez, mais je ne suis pas venu pour ça…je suis venu vous proposer de vous aider à changer de vie, mais votre mac nous regardait, alors je ne pouvais vous aborder autrement…je vous emmène à mon hôtel , on pourra discuter là-bas…. »
Sous l’œil surpris de Valérie, il démarra et l’emmena à son hôtel. Le Groom ne fit aucun commentaire en la voyant et elle pensa alors à un film qu’elle avait vu lorsqu’elle était au foyer, elle ne se souvenait plus le nom, mais cela racontait