Arrivés à Pampelune, ils nous ont fait mettre en rang par deux et ils ont sortis les filles et d'autres femmes ainsi que leurs maris. Nous ils nous ont mis en prison, et le femmes avec leurs maris allaient à l'hôtel. Alors quand on a su ça une des filles que j'ai sauvais m'a dit « si on avait su, on aurait dit que tu étais mon mari ». Je suis donc rentré en prison et les filles et le couple à l'hôtel.
Dans la prison principale de Pampelune on était douze, on couchait par terre sur une couverture. Au bout d'un mois on nous a changés de prison. Ils nous ont mis dans un wagon avec des menottes attachés par deux . Quand on voulait aller au toilettes il fallait y aller à deux. Ils nous ont amenés à Figueirido dans une ancienne caserne en haut d'une colline isolée de tout, on était deux cent dans cette prison tous ensemble avec tous les camarades de la région on dormait sur le ciment avec une couverture et la nuit les punaises nous dévoraient le sang. Le matin on les attrapaient et avec le sang qu'elles nous avaient pris on écrivait notre nom sur les murs. L'eau était ouverte une heure par jour il fallait faire la queue et parfois quant on arrivait devant le robinet il se refermait. On allait une heure par jour dans la cour qui s 'appelait « le Patio » tout autour il y avait une bande de pelouse avec des petits rosiers . Quand le gardien était tourné de dos on prenait une poignée d'herbe ou des feuilles de roses et on allait les manger au milieu de tous sans se faire voir.
Quand on devait aller au patio les gardiens mettaient leurs poubelles au milieu, on était en rang par deux et après avoir écouté l'hymne national espagnol et salué Franco en disant « Viva Franco ! » et levant le bras parfois il nous arrivé de dire « Viva grand con ! » on courrait vite piller les poubelles et on mangeait ce qu'on pouvait. Les épluchures de pommes de terre et les racines de poireaux il fallait ensuite remettre tout ce qu'il restait dans les poubelles. Les gardiens rigolaient à plaine gorge en nous regardant. Le jour du 14 Juillet on rentre dans le patio en rang par deux et quand on a eu finit d'entendre l'hymne on a refusé de lever le bras et dire « viva Franco » , on sait mis à chanter la Marseillaise tous ensemble ! On avait préparé ça la veille tous ensemble alors, comme punition ils nous ont laissés en rang sous un soleil de plomb, à s'évanouir les uns après les autres. Ils ont finit par nous faire rentrer en prison , moi du 4 avril au 26 octobre , j'ai perdu 33 kilos.
Le 26 octobre on a été libérés on est descendus libres, à cotés des gardiens qui nous amenaient jusqu'à la gare, torses nue et claquettes au pieds que nous avez donnés les prisonniers espagnols .
Dans cette prison on vendait tout pour pouvoir manger un peu , moi j'avais une montre que ma fiancée m'avait offerte , j'ai résisté pendant deux mois avant de la vendre pour un morceau de pain de 200 gr environs. J'ai mangé ce pain comme un fou et une après avoir finit de le manger je me suis mis à pleurer car je n'avais plus rien mais toujours aussi faim.
Pour être libérés c'est la Croix Rouge qui négocié ! C'est pour cela que l'on nous appelait « les sacs de blé » car en contre partie elle devait donner tant de sacs de blé ou d'autres choses !
On est donc montés dans le train direction Madrid. On était libres dans le train et on avait à manger autant qu'on voulait
Arrivés à Madrid ils nous ont amenés dans un hôtel où il y avait une grande pièce fermée , on devait se déshabiller et rentrer dans cette pièce où il y avait de la vapeur. On pouvait rester deux à trois minutes ensuite on avait des serviettes pour s'essuyer. On nous a ensuite dirigés dans une autre pièce où nous avons reçus une belle chemise, un pull, un slip, des chaussettes, des chaussures et un costume tout neuf . De prisonnier ils nous ont transformés en prince on a repris alors le train direction Malaga. On fut parqués dans les arènes où se trouvait plusieurs autres français qui venaient de plusieurs autres prisons. On nous donna deux couvertures, on dormait sur la paille mais on avait à manger tant qu'on voulait, de bonnes choses , de la viande.
A peine on avait mangé, on avait plus faim, on était libres, la journée on allait se promener en ville.
Cela à duré pendant trois jours la nuit aussi on sortait, il y avait des prostituées sur les trottoirs mais ce n'était pas notre préoccupation ni nécessité prioritaire. On avait aucun sous alors moi même comme mes camarades on a vendu nos jolies vestes et nos chaussures en cuir pour avoir quelques sous pour aller boire un pot au bistrot et acheter quelques friandises. Pour remplacer les chaussures en cuir on a acheté des espadrilles très bon marché. Ça nous a fait un peu de bonus.
Ces trois jours passés, on embarqua sur le Sidi Brahim direction Casablanca. Quand le bateau est sortit du port on a été heureux de quitter le sol Espagnol car jusque là on était en guerre.
Confiants on s'est dits « maintenant on est libres ». Après une traversé sur ce bateau malade comme un chien, on est arrivé à Casablanca. Sur le quai des militaires nous attendaient pour nous prendre en charge et parmi eux il y avait une de ces deux filles que j'avais sauvé. Elle m'a donné une cigarette et m'a embrassée, je n'ai pas pu lui parlé même une minute, l'officier qui nous conduisait nous faisait avancer trop vite pour se rendre dans les locaux. On est passé dans plusieurs bureaux pour savoir qui on était et d'où on venait car il faut savoir que tous ceux qui sont passés par l'Espagne n'était pas que des Français.
Une fois bien identifiés on nous a habillé en soldats et on nous a demandé à qu'elle unité on voulait appartenir.
C'est là que je me suis engagé dans la deuxième DB pour la durée de la guerre j'ai touché alors une prime de trois cent francs. Quelques jours après on est partis à la foret de Témara, on était campé dans de grosses tentes, c'est là qu'était basé tous ceux qui restaient de la deuxième DB qui venaient du Tchad et avec tous les évadés de France comme moi ils ont reconstitués la deuxième DB. On a fait les classes à la foret de Témara et comme on était très faibles ils nous faisaient manger très souvent et on nous donnait du bon vin.
L'après midi on s'asseyait tous en rond dans la foret et les officiers nous apprenaient à démonter les armes après un petit moment ils nous faisaient marcher au pas, apprendre à faire le demi tour et enfin tout ce qui concerne l'apprentissage de guerrier comme la plus part ne savaient pas conduire, moi le premier, ils nous faisaient l'auto école sur place . Ils avaient mis des jeep sur cales et ils nous faisaient passer les vitesses. Un peu plus tard on est partis sur route et là j'ai passé mon permis car à la deuxième DB tout le monde devait savoir conduire.