Mais au bout de quatre mois, Meg avait commencé à se désintéresser de son rôle. Le diner n'était jamais prêt à temps, le ménage laissait à désirer ; Meg sortait tard le soir et délaissait son frère, sa mère aussi d'ailleurs.
Karen s'était rapidement sentie seule. Tom était occupé par une affaire de meurtres en série et Meg avait peu à peu diminué ses attentions. Elle venait de moins ne moins la voir. Karen ne supportait plus ses moments d'immobilisation et ses seuls moments de bonheur reposaient sur ses lectures, ses dessins et ses discussions avec ses enfants. Meg aimait lui raconter ses petits secrets. Leur amitié renforçait leur relation mère/fille. Meg était très jolie avec ses cheveux roux et ses yeux verts. Son visage souriant était recouvert de tâches de rousseur. Elle avait même été élue "Reine du Printemps" au lycée. En fait, elle avait tout pour elle : beauté, intelligence et caractère. Pourquoi avait-elle tellement changé? Karen avait essayé de la faire parler mais Meg ne se confiait plus et devenait distante.
- Maman !!! cela fait quatre fois que je t'appelle !
karen émergea brusquement de ses pensées et réalisa que son fils lui parlait.
- Oh pardon ! Qu'est-ce qu'il y a mon chéri?
- maman, tu vas bien, tu es sûre ?
- Oui, oui ça va. excuse moi j'étais perdue dans mes pensées. en fait, je pensais à meg. Mon dieu, il est déjà cinq heures ! Ton père va bientôt rentrer et rien n'est prêt ! Le repas est fichu et mon chemisier aussi d'ailleurs !!
- Ne t'inquiète pas maman, je vais m'occuper de tout. va te changer et te détendre , je vais nettoyer et mettre la table.
- tu es un amour, mon chéri.
Un élan de tendresse la submergea. Son fils était si doux, si secret mais aussi si triste. Elle eut envie de le serrer dans ses bras mais n'osa pas. Peut-être n'avait-il plus envie de faire un câlin à sa mère à son âge ? Peut-être au contraire, en avait-il envie ou besoin ? Comment savoir ? C'était parfois si dur d'être parent ! Désemparée, elle se détourna et monta dans sa chambre.
Chapitre 3
- Hello, c'est moi, je suis rentré.
- Mon dieu, il est déjà là ! karen bondit de son lit. après s'être changée, elle s'était allongée quelques instants. Elle s'était sentie lasse, envahie par la tristesse. "Allez ma fille, il faut te ressaisir, c'est un grand jour pour ton mari !!"
Elle se coiffa rapidement, ajusta ses vêtements et s'observa dans le miroir de sa coiffeuse. Un peu trop pâle à son goût, elle se pinça les joues et mit du rouge à lèvres. Un sourire et elle était prête.
- Dieu que tu es belle, s'exclama Tom, en la voyant descendre les escaliers. J'adore cet ensemble, il te va à ravir.
- Merci, tu es très gentil. Elle l'embrassa. le dîner n'est pas encore prêt mais nous pouvons prendre l'apéritif en attendant.
- Avec plaisir. Que désires-tu?
- Un verre de vin blanc, s'il-te-plaît.
- Bien madame. Où sont les enfants?
- Ils doivent être dans leur chambre.
- Et bien, ce n'est pas la folle ambiance ce soir. Moi qui me faisais une joie de cette soirée !
- Oui, chéri, je suis désolée ; je me suis encore disputée avec Meg. Je ne sais vraiment pas ce qu'elle a, on dirait qu'elle m'en veut. Je ne comprends pas pourquoi !
- c'est vrai qu'elle est bizarre, voire agressive; Peut-être une crise d'adolescence, dit-il en haussant les épaules.
- En tout cas, ça la prend un peu tard !! Elle a quand même dix-sept ans.
- Tu veux que j'essaye de lui parler ?
- Oh non, laisse tomber. je ne veux plus de disputes ce soir. Parlons d'autre chose, tu veux bien ?
- Bien sûr je t'écoute.
- et bien, tu sais, j'avais pensé à me remettre à écrire. Il serait peut-être temps tu ne crois pas ?
- C'est une très bonne idée. ça te changerait les idées en plus. Tu es restée confinée trop longtemps, ces derniers temps. Sors un peu, vois des amis, fais du lèche-vitrines. cela fait tellement longtemps que tu ne t'es pas offert un nouveau tailleur.
- Chéri, je te parle sérieusement. Je ne veux pas m'acheter de nouveaux vêtements, je veux m'investir dans un nouveau livre, un projet quoi !
- excuse moi, je ne pensais pas à mal. Je suis désolé. Tu as raison c'est une très bonne idée. Vas-tu écrire un roman ou un de tes livres pour enfants ?
- Je pensais plutôt à un roman. J'ai déjà une petite idée.
- Raconte, je meurs d'impatience!
- Non, c'est un secret. Tu sais bien que je n'aime pas parler de mes livres.
- Toujours cette vieille superstition ! Si tu en parles, ça ne marchera pas ! Tu m'as toujours fait rire avec ça mais bon, tu ne m'as jamais parlé de tes livres et ils ont tous marché, alors...Personnellement je miserai plus sur ton talent que sur la chance!